La quotité d’assurance emprunteur est la part du prêt que l’assureur rembourse si l’un des co-emprunteurs décède ou devient invalide. Pour un couple, les choix courants sont 100/100 (chacun couvert pour la totalité) ou 50/50 (chacun couvert pour la moitié). La banque fixe le minimum exigé (service-public.gouv.fr, au 30 octobre 2026).
Ce choix paraît technique, mais il décide de qui paie quoi le jour où le pire arrive. Voici comment le faire avec des chiffres, pas au hasard.
Qu’est-ce que la quotité d’une assurance emprunteur ?
Quand vous empruntez à deux, chacun est assuré pour une part du capital. Cette part s’appelle la quotité. D’après l’administration, la banque fixe les garanties minimales exigées (décès et invalidité, par exemple), la nature de chaque garantie et la quotité assurée, c’est-à-dire 100 % du prêt ou une partie seulement. La garantie perte d’emploi reste facultative.
Dans la pratique, deux formules reviennent :
- 100/100 : chacun est assuré pour la totalité du capital. Au décès de l’un, l’assureur règle le capital restant dû en totalité ;
- 50/50 : chacun est assuré à hauteur de 50 %. Au décès de l’un, l’assureur règle la moitié du capital restant dû.
Rien n’oblige à rester sur ces deux modèles. Vous pouvez répartir autrement, par exemple 60/40, tant que la banque accepte la couverture proposée.
100/100 ou 50/50 : lequel choisir ?
| Quotient | Si l’un décède | Pour qui c’est adapté |
|---|---|---|
| 100/100 | Le prêt est remboursé en totalité | Un seul revenu, ou une grande différence de revenus, ou des enfants à charge |
| 50/50 | La moitié du capital restant dû est remboursée | Deux revenus proches, qui permettent à chacun de supporter la moitié seul |
| Répartition sur mesure (60/40) | La part du défunt est remboursée | Deux revenus différents, avec un effort équilibré pour le survivant |
Le 100/100 protège mieux le survivant, mais la couverture d’ensemble est plus étendue : la cotisation est en général plus élevée, ce que vous vérifiez sur les devis. Le 50/50 coûte en principe moins cher, au prix d’un reste à payer pour le survivant.
Qui reçoit l’indemnité en cas de décès d’un co-emprunteur ?
L’assureur paie la banque, pas le survivant. Le capital versé sert à rembourser tout ou partie du capital restant dû, selon la quotité : avec 100/100, le prêt est soldé et le survivant n’a plus rien à rembourser ; avec 50/50, la moitié du capital restant dû est remboursée et le survivant continue de rembourser le reste. Dans les exemples de cette page, nous supposons que la mensualité baisse alors de moitié.
Si les deux co-emprunteurs décèdent, le prêt ne peut être remboursé qu’une fois : l’assureur règle au plus le capital restant dû. Le contrat précise le cas d’un décès simultané ou rapproché, relisez cette clause.
Combien coûte chaque quotité ?
La cotisation se calcule sur la part du capital que chacun fait assurer. Pour un même taux par personne, le 100/100 coûte donc environ deux fois le prix du 50/50 : deux personnes couvertes à 100 % au lieu de deux personnes couvertes à 50 %. Un 60/40 coûte autant qu’un 50/50, puisque la quotité cumulée est de 100 % dans les deux cas.
Prenons un taux de 0,30 % par an du capital emprunté pour une personne couverte à 100 % (taux d’illustration : vos devis varient selon l’âge et le contrat) et le prêt de 320 000 € de Julien et Sarah :
| Quotient | Annual premium | Sur 25 ans |
|---|---|---|
| 100 / 100 | €1,920 | €48,000 |
| 50 / 50 ou 60 / 40 | €960 | €24,000 |
La protection supplémentaire du 100/100 coûte 960 € par an, soit 24 000 € sur la durée du prêt. Comparez plusieurs contrats avant de trancher : la délégation d’assurance permet de choisir un autre contrat que celui de la banque.
À quelles garanties la quotité s’applique-t-elle ?
La Finance pour tous décrit les garanties principales, que la quotité module :
- Décès : l’assureur règle la somme restante due ;
- PTIA (perte totale et irréversible d’autonomie) : la personne ne peut plus exercer d’activité lui procurant un gain et a besoin d’une tierce personne ;
- ITT (incapacité temporaire de travail) : la personne interrompt momentanément son activité ;
- IPT (invalidité permanente totale) : elle empêche durablement d’exercer une activité rémunérée.
Selon cette page, les garanties décès et invalidité absolue et définitive permettent de rembourser tout le capital, tandis que l’invalidité permanente ou l’ITT donnent lieu à une prise en charge totale ou partielle des mensualités. Lisez dans votre contrat la définition exacte de chaque garantie : c’est elle qui détermine si l’assureur paie.
Do I need to fill out a health questionnaire?
Pas toujours. Pour un prêt allant jusqu’à 200 000 € par assuré, à rembourser avant les 60 ans de l’assuré, l’assureur ne peut pas demander de questionnaire de santé ni d’examen médical. Au-delà, un questionnaire est obligatoire et doit être rempli de bonne foi. Dans un couple, le seuil s’applique à chaque assuré, pas au prêt entier.
Marié, pacsé ou en concubinage : la quotité compte-t-elle autant ?
Le choix de la quotité ne dépend pas du statut, mais l’enjeu, si. Un concubin ou un partenaire de PACS n’est pas héritier légal de l’autre : sans testament, il ne reçoit rien de la succession. L’assurance emprunteur est alors souvent la protection principale du logement. Pour un couple marié, les droits du conjoint survivant dans la succession s’ajoutent à la quotité sans la remplacer.
Pour le détail des garanties, voir notre page sur décès, PTIA, ITT, IPT et IPP ; pour le questionnaire de santé, la page sur la fin du questionnaire de santé.
Peut-on changer l’assurance ou la quotité en cours de prêt ?
Vous pouvez changer d’assureur à tout moment après la signature du prêt. Le nouveau contrat doit offrir un niveau de garantie équivalent, et la banque dispose de 10 jours ouvrés après votre demande pour répondre. Nous détaillons la méthode dans notre article sur la loi Lemoine et dans notre page sur l’assurance emprunteur obligatoire ou non.
Cas concret : Julien et Sarah, un prêt de 320 000 €
Situation. Julien, 38 ans, cadre à Lyon, perçoit 3 600 € nets par mois. Sarah, 36 ans, infirmière, perçoit 2 400 €. Ils empruntent 320 000 € sur 25 ans à 3,60 % (taux retenu pour l’exemple). La mensualité est de 1 619,21 €, soit 27,0 % de leurs revenus cumulés.
Issue. La banque leur propose une quotité 50/50 par défaut. Julien se demande ce que cela donnerait si l’un d’eux disparaissait au bout de 8 ans.
Strategy. Ils comparent trois quotités sur la base du capital restant dû après 96 mensualités, soit 246 787,76 €, avec 204 mois restants.
| Quotité Julien / Sarah | Julien décède : Sarah paie par mois | Sarah décède : Julien paie par mois |
|---|---|---|
| 100 / 100 | €0 | €0 |
| 50 / 50 | 809,60 € (33,7 % de 2 400 €) | 809,60 € (22,5 % de 3 600 €) |
| 60 / 40 | 647,68 € (27,0 % de 2 400 €) | 971,53 € (27,0 % de 3 600 €) |
Result. Avec la formule 50/50, Sarah supporterait 33,7 % de son revenu, contre 22,5 % pour Julien : l’effort serait inégal. Une quotité 60/40, proportionnelle aux revenus, ramène l’effort à 27,0 % pour chacun, soit le même niveau qu’au départ. Le 100/100 supprime tout reste à payer, mais sa cotisation est en général plus élevée. Julien et Sarah choisissent entre ces deux options en demandant à la banque un devis pour chacune.
Cas concret n° 2 : Marc et Léa, un seul revenu
Situation. Marc, 40 ans, perçoit 4 200 € nets par mois. Léa, 38 ans, est en congé parental sans revenu. Ils empruntent 250 000 € sur 20 ans à 3,60 % (taux retenu pour l’exemple). La mensualité est de 1 462,78 €, soit 34,8 % du revenu de Marc. Après 5 ans, il reste 203 219 € à rembourser sur 180 mois.
Issue. La banque propose une quotité 50/50. Si Marc décède, Léa, sans revenu, devrait continuer à rembourser la moitié du prêt : 731,39 € par mois, dans l’hypothèse d’une mensualité divisée par deux.
Strategy. Ils comparent trois quotités, avec la cotisation d’illustration de 0,30 % par an du capital emprunté pour une personne couverte à 100 % :
| Quotité Marc / Léa | Marc décède : Léa paie par mois | Léa décède : Marc paie par mois | Annual premium | Sur 20 ans |
|---|---|---|---|---|
| 100 / 100 | €0 | €0 | €1,500 | €30,000 |
| 100 / 50 | €0 | 731,39 € (17,4 % de 4 200 €) | €1,125 | €22,500 |
| 50 / 50 | 731,39 € (aucun revenu) | 731,39 € (17,4 % de 4 200 €) | €750 | €15,000 |
Result. Ils retiennent le 100/50. Marc est couvert à 100 %, ce qui supprime le risque le plus lourd : un survivant sans revenu face au prêt. Si Léa décède, Marc rembourse 731,39 € par mois, 17,4 % de son revenu. Cette formule coûte 375 € par an de moins que le 100/100, soit 7 500 € sur 20 ans, et sa quotité cumulée de 150 % dépasse le minimum de 100 % que les banques demandent en pratique.
Quelles erreurs éviter ?
- Accepter la quotité par défaut sans la comparer à vos revenus respectifs ;
- Choisir une quotité très faible pour le conjoint aux revenus les plus bas, alors qu’il serait le plus fragile seul ;
- Ignorer la définition des garanties invalidité et ITT, qui varie selon les contrats ;
- Oublier de revoir l’assurance après une séparation. Une fiche de l’administration rappelle qu’un divorce ou une séparation ne met pas fin au prêt ni à la solidarité des co-emprunteurs. Il faut obtenir de la banque la séparation d’un co-emprunteur, la libération de l’un d’eux contre une garantie de remplacement, ou rembourser le prêt par anticipation.
FAQ
Quelle quotité choisir pour un couple ?
Celle qui permet au survivant de continuer à vivre sans difficulté. Avec un seul revenu ou des enfants à charge, le 100/100 protège le plus. Avec deux revenus proches, le 50/50 est un compromis. Une répartition proportionnelle aux revenus équilibre l’effort.
Peut-on choisir 100 % sur chaque tête ?
Oui, c’est la formule 100/100. Au décès de l’un, l’assureur règle la totalité du capital restant dû. Elle couvre davantage, donc la cotisation est généralement plus élevée qu’en 50/50.
La banque peut-elle imposer la quotité ?
La banque fixe les garanties minimales et la quotité exigée. Vous pouvez en revanche choisir un autre assureur que celui qu’elle propose.
Faut-il un questionnaire de santé pour emprunter à deux ?
Pas pour un prêt jusqu’à 200 000 € par assuré remboursé avant ses 60 ans. Au-delà, un questionnaire est obligatoire et doit être rempli de bonne foi.
Peut-on modifier la quotité après la signature ?
Vous pouvez changer d’assureur à tout moment avec une garantie équivalente. Pour modifier la répartition elle-même, demandez à la banque et à l’assureur si le contrat l’autorise et à quelles conditions.
Que se passe-t-il si les deux co-emprunteurs décèdent ?
Le prêt ne se rembourse qu’une fois : l’assureur règle au plus le capital restant dû. Pour un décès simultané ou rapproché, la clause du contrat fixe les modalités ; relisez-la avant de signer.
Une quotité inférieure à 100 % au total est-elle possible ?
En pratique, les banques demandent que la quotité cumulée atteigne au moins 100 %, par exemple 60/40 ou 70/30. Chaque emprunteur peut être couvert entre 1 % et 100 %.
Combien coûte un 100/100 par rapport à un 50/50 ?
Environ le double pour un même taux par personne : deux personnes couvertes à 100 % au lieu de deux couvertes à 50 %. Les devis chiffrent l’écart exact.
Ce que fait Balmont Conseil
Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, aide les couples à lire leur projet d’achat avec ses garanties : quotité, protection du survivant, poids de la mensualité. Nous vous mettons en relation avec nos partenaires bancaires pour le financement. Prenez rendez-vous avec notre cabinet.
Sources: « Assurance emprunteur » (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 7 septembre 2022, consultée le 30 octobre 2026) ; « Assurance emprunteur : les garanties décès, incapacité, invalidité… » (La finance pour tous, page mise à jour le 25 mars 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; « Garantie du co-emprunteur : que faire en cas de divorce ou de séparation du couple ? » (service-public.gouv.fr, fiche mise à jour le 27 août 2025, consultée le 30 octobre 2026) ; Alptis, guide « Qu’est-ce qu’une quotité d’assurance ? », consulté le 31 octobre 2026. Calculs de l’auteur (prêts à taux fixe, cotisation d’illustration)










