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Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, une chambre d’hôtes reste au micro-BIC jusqu’à 77 700 € de recettes annuelles, avec un abattement forfaitaire de 50 %. Pour les revenus 2026, le plafond passe à 83 600 €, avec le même abattement. L’ancien abattement de 71 % (plafond de 188 700 €) ne s’applique plus en règle générale. Chiffres vérifiés au 31 octobre 2026.

Beaucoup de propriétaires de chambres d’hôtes calculent encore leur impôt avec l’ancien taux de 71 %. Le résultat est faux, et l’écart se paie à la déclaration suivante. Voici les règles en vigueur, la case à remplir, les cotisations sociales, la TVA et le moment où le régime réel devient plus intéressant.

Qu’est-ce qu’une chambre d’hôtes pour l’administration ?

Une chambre d’hôtes est une chambre meublée située chez l’habitant et louée à des touristes pour une ou plusieurs nuits. Vous accueillez vous-même vos hôtes, vous servez le petit-déjeuner, vous fournissez le linge et vous entretenez les lieux. La fiche officielle de service-public.gouv.fr fixe la limite à 5 chambres ou 15 personnes accueillies en même temps. Au-delà, vous ne pouvez plus utiliser l’appellation.

Chaque chambre a une surface minimale, sanitaires exclus : 7 m² pour une personne, 9 m² pour deux, 14 m² pour trois et 18 m² pour quatre, puis 5 m² par personne en plus.

Trois formalités accompagnent l’activité :

  • Déclaration en mairie avant l’ouverture (formulaire Cerfa 13566). L’absence de déclaration expose à une amende de 450 € ;
  • Immatriculation de l’activité commerciale auprès du guichet des formalités des entreprises, quel que soit le chiffre d’affaires ;
  • Taxe de séjour, collectée auprès des clients ou incluse dans le prix selon la commune.

Côté clientèle, les prix toutes taxes comprises doivent être affichés à l’extérieur, au lieu d’accueil et dans chaque chambre, avec les horaires d’arrivée et de départ. Une note est remise au client particulier au-delà de 25 €, et une fiche individuelle de police est tenue pour les clients étrangers.

Quel abattement fiscal et quel plafond pour une chambre d’hôtes en 2026 ?

Le micro-BIC s’applique automatiquement tant que vos recettes restent sous le plafond. L’administration retire un abattement forfaitaire pour frais et taxe le reste. Vous ne déduisez aucune charge réelle.

CategoryPlafond de recettesAbatement
Chambre d’hôtes, revenus 2025 (déclarés en 2026)€77,70050%
Chambre d’hôtes, revenus 2026 (déclarés en 2027)€83,60050%
Ancien régime (revenus 2024)€188,70071%
Meublé de tourisme non classé, revenus 2025 et 2026€15,00030%

Ces seuils s’apprécient sur l’ensemble de vos locations meublées, pas bien par bien. Pour comparer avec un meublé de tourisme classique, lisez notre article sur le micro-BIC du meublé de tourisme.

Que se passe-t-il si vos recettes dépassent le plafond ?

Au-delà du plafond, la règle générale est le régime du bénéfice réel, simplifié ou normal. La fiche officielle prévoit une exception : si vos recettes dépassent le plafond la première ou la deuxième année, vous pouvez rester au micro-BIC une année de plus, avec un abattement de 71 % et sans déduction des charges.

Une tolérance existe aussi pour les chambres d’hôtes qui avaient opté avant le 30 septembre 2024 pour le versement forfaitaire libératoire : elles peuvent appliquer, pour leurs revenus de 2025, le seuil de 188 700 € et l’abattement de 71 %, selon la foire aux questions de l’administration fiscale de mars 2026. Si vous êtes dans ce cas, vérifiez votre situation sur la fiche officielle avant de déclarer.

Où déclarer les recettes d’une chambre d’hôtes ?

Sur la déclaration complémentaire 2042 C PRO, dans la rubrique des locations meublées non professionnelles. La case 5NG est intitulée « Locations de chambres d’hôtes et meublés de tourisme classés ». Vous y inscrivez les recettes brutes, sans retirer l’abattement : l’administration l’applique elle-même. Si ces recettes relèvent des cotisations sociales versées aux organismes de sécurité sociale, elles vont en case 5NJ.

Les prélèvements sociaux s’ajoutent à l’impôt sur le revenu. Leur taux dépend de l’année et de la nature du revenu ; notre article sur les prélèvements sociaux sur les loyers détaille les taux. Pour savoir quel formulaire choisir pour d’autres loyers, voyez 2044, 2042 ou 2042 C PRO.

Chambre d’hôtes ou meublé de tourisme : quelles différences de régime ?

Les deux activités relèvent du micro-BIC, mais pas avec les mêmes chiffres. Le tableau reprend les règles pour les revenus 2025.

Chambre d’hôtesMeublé de tourisme classéUnclassified furnished tourist accommodation
Plafond de recettes du micro-BIC€77,700€77,700€15,000
Abatement50%50%30%
Seuil des cotisations sociales13 % du plafond de la Sécurité sociale23 000 € de recettes23 000 € de recettes
Taux de cotisations d’un micro-entrepreneur21.2%6%21.2%

Autre règle à connaître : depuis le 1er janvier 2026, un loueur perd le régime micro-fiscal et micro-social si son chiffre d’affaires a dépassé le seuil applicable en 2024 et en 2025. Pour un meublé non classé, le régime réel devient alors obligatoire.

À partir de quand paie-t-on des cotisations sociales ?

Pour une chambre d’hôtes, les cotisations sociales deviennent obligatoires au-delà de 13 % du plafond annuel de la Sécurité sociale. Cela représente 6 123 € avec le plafond 2025 de 47 100 € et 6 248 € avec le plafond 2026 de 48 060 €. En dessous, vous ne payez que les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. Pour un micro-entrepreneur, le taux de cotisations est de 21,2 % pour une chambre d’hôtes.

Le seuil de 23 000 € que l’on cite souvent concerne les meublés de tourisme classés et non classés, pas les chambres d’hôtes : ne mélangez pas les deux régimes.

Quelles sont les règles de TVA, de CFE et de taxe de séjour ?

SubjectRègle pour une chambre d’hôtes
VATFranchise en base si le chiffre d’affaires de l’année précédente est inférieur ou égal à 85 000 €, ou celui de l’année en cours à 93 500 € ; taux de 10 % pour l’hébergement et la table d’hôtes, 20 % pour les boissons alcoolisées
CFEExonération si le chiffre d’affaires est inférieur ou égal à 5 000 € ; déclaration 1447-C-SD à déposer avant le 31 décembre
Taxe de séjourAu réel ou au forfait selon la commune ; une taxe additionnelle de 10 % peut s’ajouter

La table d’hôtes est facultative. Elle propose un menu unique, et un permis d’exploitation obtenu après une formation de 7 heures est exigé si vous servez de l’alcool.

Micro-BIC ou régime réel : lequel choisir ?

Le micro-BIC est simple, mais il ignore vos charges. Le régime réel permet de déduire les charges payées (petits-déjeuners, linge, ménage, énergie, assurance, intérêts d’emprunt, taxe foncière) et d’amortir le mobilier. La bascule devient intéressante quand vos charges réelles dépassent 50 % de vos recettes.

  • L’option pour le réel se fait avant la date limite de déclaration des revenus de l’année concernée. Elle se reconduit tacitement chaque année, sauf renonciation ;
  • Le dépassement du plafond deux années de suite impose le réel. Vous devez alors le signaler au service des impôts des entreprises par la messagerie sécurisée de votre espace professionnel ;
  • Un déficit au réel se reporte sur vos revenus de location meublée non professionnelle pendant 10 ans ;
  • Les cotisations sociales dépendent du seuil de 13 % du plafond de la Sécurité sociale, comme expliqué plus haut.

Si votre location relève plutôt du meublé classique, la logique est la même que pour le LMNP au micro-BIC ou au réel. Pour l’amortissement au réel, lisez LMNP : amortissement et déclaration au réel. Et pour savoir à partir de quand une location meublée devient professionnelle, voyez LMNP or LMP: the €23,000 threshold.

Comment passer au régime réel, étape par étape ?

  1. Chiffrez vos charges de l’année : repas et petits-déjeuners, linge, ménage, énergie, assurance, taxe foncière, intérêts d’emprunt, amortissement du mobilier et de l’immeuble.
  2. Comparez avec l’abattement de 50 % : le réel n’a de sens que si vos charges le dépassent, ou si un déficit est à reporter.
  3. Exercez l’option avant la date limite de dépôt de la déclaration de revenus de l’année concernée. Les revenus gagnés en 2026 se déclarent en avril 2027.
  4. Remplissez la déclaration de résultats 2031-SD, puis reportez les montants sur la déclaration 2042 C PRO. Au micro-BIC, seules les recettes brutes sont inscrites sur la 2042 C PRO.
  5. Gardez les justificatifs : le réel suppose une comptabilité, que le micro-BIC ne demande pas.

Cas concret : 1 134 € d’impôt oubliés avec l’ancien taux de 71 %

Situation. Claire et Marc, un couple de Haute-Savoie, louent trois chambres d’hôtes dans leur maison. Leurs recettes de 2025 atteignent 18 000 €. Leur tranche marginale d’impôt est de 30 %.

Problème. Ils ont budgété leur impôt avec l’ancien abattement de 71 % : 18 000 € × 29 % = 5 220 € imposables, soit 1 566 € d’impôt. Avec l’abattement réel de 50 %, la base imposable est de 9 000 € et l’impôt de 2 700 €. L’écart est de 1 134 €.

Stratégie. Ils chiffrent leurs charges réelles : 12 500 € (petits-déjeuners, linge, ménage, énergie, assurance, amortissement du mobilier). Ils comparent les deux régimes avant la date limite d’option.

Résultat. Au réel, le bénéfice est de 5 500 € (18 000 − 12 500) et l’impôt de 1 650 €. Ils économisent 1 050 € par rapport au micro-BIC (2 700 €), avant prélèvements sociaux. L’option engage plusieurs années et suppose une comptabilité. Le calcul ne retient que l’impôt sur le revenu : avec 18 000 € de recettes, ils dépassent aussi le seuil de 13 % du plafond de la Sécurité sociale, donc des cotisations sociales s’ajoutent.

Deuxième cas : quand le micro-BIC reste le bon choix

Situation. Léa et Hugo exploitent cinq chambres d’hôtes avec 70 000 € de recettes en 2025, sous le plafond de 77 700 €. Leur tranche marginale est de 30 %.

Calcul au micro-BIC : abattement de 50 %, base imposable de 35 000 €, impôt de 10 500 €.

Calcul au réel : leurs charges, amortissement compris, atteignent 38 000 €, soit 54 % des recettes. Le bénéfice est de 32 000 € et l’impôt de 9 600 €.

Résultat : le réel économise 900 € seulement, alors que les charges dépassent le seuil de 50 %. Cette économie ne couvre pas toujours les frais de comptabilité, ni la contrainte de rester plusieurs années au réel. Le réel devient clairement rentable quand les charges s’éloignent nettement de 50 % des recettes, ou quand un déficit est à reporter.

Quelles erreurs éviter pour une chambre d’hôtes ?

  • Utiliser le taux de 71 % sans vérifier votre situation : il vaut pour les revenus 2024, pas pour 2025 et 2026 dans le cas général.
  • Inscrire les recettes nettes de l’abattement en case 5NG : il faut déclarer les recettes brutes.
  • Confondre le seuil de 23 000 € des meublés de tourisme et le seuil de 13 % du plafond de la Sécurité sociale des chambres d’hôtes.
  • Oublier la déclaration en mairie ou l’immatriculation : l’amende est de 450 € pour la première, et l’absence d’immatriculation peut être qualifiée de travail dissimulé.
  • Ne pas regarder la TVA : la franchise en base a des seuils précis, 85 000 € et 93 500 €.
  • Passer au réel sans simuler : l’option se reconduit chaque année et engage plusieurs exercices.

Ce que fait Balmont Conseil

Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans. Nous aidons les propriétaires de biens loués à comparer leurs régimes fiscaux sur leurs chiffres réels et à intégrer ces revenus dans l’ensemble de leur patrimoine. Pour étudier votre situation, prenez rendez-vous sur notre page contact.

FAQ

Quel est l’abattement fiscal des chambres d’hôtes en 2026 ?

L’abattement du micro-BIC est de 50 % des recettes, pour les revenus 2025 comme pour les revenus 2026. Il remplace l’ancien taux de 71 %. Le plafond de recettes est de 77 700 € pour les revenus 2025 et de 83 600 € pour les revenus 2026.

L’abattement de 71 % existe-t-il encore ?

Pas comme régime de droit commun pour les revenus 2025 et 2026. Il reste possible en cas de dépassement du plafond la première ou la deuxième année, et pour certaines chambres d’hôtes qui avaient opté avant le 30 septembre 2024 pour le versement forfaitaire libératoire.

Dans quelle case déclarer une chambre d’hôtes ?

En case 5NG de la déclaration 2042 C PRO (revenus 2025), pour les recettes brutes. Les recettes soumises aux cotisations sociales versées aux organismes de sécurité sociale vont en case 5NJ.

Faut-il déclarer une chambre d’hôtes en mairie ?

Oui, avant l’ouverture, avec le formulaire Cerfa 13566. L’activité est limitée à 5 chambres ou 15 personnes accueillies en même temps. L’absence de déclaration peut coûter 450 € d’amende.

À partir de quand paie-t-on des cotisations sociales ?

Au-delà de 13 % du plafond de la Sécurité sociale, soit 6 123 € avec le plafond 2025 et 6 248 € avec le plafond 2026. En dessous, vous ne payez que les prélèvements sociaux.

Une chambre d’hôtes est-elle soumise à la TVA ?

Pas tant que vous restez sous la franchise en base : chiffre d’affaires de l’année précédente inférieur ou égal à 85 000 €, ou de l’année en cours inférieur ou égal à 93 500 €. Au-delà, le taux de TVA sur l’hébergement est de 10 %.

La CFE est-elle due pour une chambre d’hôtes ?

Elle est due, sauf si le chiffre d’affaires est inférieur ou égal à 5 000 €. La déclaration 1447-C-SD doit être déposée avant le 31 décembre.

Que se passe-t-il si je dépasse 77 700 € de recettes ?

Le régime réel s’applique, sauf si c’est la première ou la deuxième année de dépassement : vous pouvez alors rester au micro-BIC une année de plus avec un abattement de 71 %, sans déduction des charges.

Sources : « Impôt sur le revenu – Revenus d’une location meublée » (fiche F32744), service-public.gouv.fr, vérifiée le 15 avril 2026 ; « Ouvrir une chambre d’hôtes » (fiche F17452), entreprendre.service-public.gouv.fr, vérifiée le 21 mai 2026 ; « Tourisme meublé et micro-entreprise » (fiche F39451), entreprendre.service-public.gouv.fr, vérifiée le 21 février 2026 ; FAQ « Régime des locations meublées », impots.gouv.fr, mars 2026 ; formulaire 2042 C PRO, revenus 2025, impots.gouv.fr ; consultés le 31 octobre 2026.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

With nearly 14 years of expertise in financial engineering, Alexis Sagnier assists executives and expatriates in securing their cross-border challenges.
Founder of Balmont Conseil in 2013, he calculates the cost of each recommendation in euros (tax, fees, transfer) before any decision is made.
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