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Le président de SAS ou de SASU est assimilé salarié : il cotise au régime général et à l’Agirc-Arrco, mais uniquement sur la rémunération qu’il se verse. Au 30 octobre 2026, il faut 1 803 € de salaire brut pour valider un trimestre et 7 212 € pour en valider quatre. Sans salaire, aucun trimestre et aucun point : les dividendes ne comptent pas.

Quel régime de retraite pour le président de SAS ou de SASU ?

Le président d’une SAS ou d’une SASU relève du régime général de la Sécurité sociale, comme un cadre salarié. La fiche officielle de service-public.fr (vérifiée le 21 février 2026) le confirme : il est couvert par la retraite de base et par la retraite complémentaire. Ses cotisations sont celles d’un cadre, sauf l’assurance chômage dont il est exclu (voir notre article sur la rémunération et les cotisations du président de SAS).

Il n’a donc rien à voir avec le gérant majoritaire de SARL, qui relève du régime des non-salariés. Pour la comparaison complète des deux statuts, lisez la protection sociale du dirigeant TNS ou assimilé salarié, ou notre page gérant de SARL ou président de SAS. Si vous hésitez encore entre société unipersonnelle à l’IS et gérance, SASU ou EURL : comment choisir pose les critères.

Le point décisif tient en une phrase : la retraite du président se construit uniquement avec les rémunérations qu’il se verse. Une société peut très bien ne verser aucun salaire à son président. Dans ce cas, la protection retraite de l’année est nulle.

Combien faut-il se verser pour valider ses trimestres ?

Un trimestre est validé quand la rémunération brute annuelle atteint 150 fois le SMIC horaire. En 2026, le SMIC brut est de 12,02 € de l’heure, soit un seuil de 1 803 € par trimestre. On valide au maximum 4 trimestres par an, ce qui correspond à 7 212 € de salaire brut sur l’année, soit 601 € par mois en moyenne.

Pour une personne née à partir de 1969, comme pour un président de 45 ans aujourd’hui, la retraite à taux plein exige 172 trimestres (43 ans). L’âge légal est de 64 ans, et le taux plein est acquis automatiquement à 67 ans. Le détail par génération figure dans notre article sur les trimestres requis selon la génération, et la règle des 1 803 € dans celui sur la validation d’un trimestre.

Salaire brut annuel du présidentQuarters validatedPoints Agirc-ArrcoRetraite complémentaire annuelle
0 € (dividendes seulement)00€0
7 212 € (plancher des 4 trimestres)422.15€32.31
36 000 € (3 000 € par mois)4110.56€161.28

Au-delà de 7 212 €, l’année est déjà pleine : ce que vous ajoutez augmente la pension de base, calculée sur vos meilleures années, et les points de retraite complémentaire.

Comment se calcule la pension de base du président ?

La pension de base se calcule comme celle de tout salarié du privé : le revenu annuel moyen des 25 meilleures années, multiplié par le taux de 50 % à taux plein, puis par le rapport entre vos trimestres validés et la durée requise (172 pour votre génération). Chaque trimestre manquant avant le taux plein retire 0,625 point de taux, dans la limite de 20 trimestres (c’est la décote).

La pension de base ne peut pas dépasser 50 % du plafond de la Sécurité sociale : 2 002,50 € bruts par mois pour un départ en 2026, hors surcote. Conséquence directe pour un président : au-dessus du plafond de 48 060 € de salaire annuel, un euro de plus ne fait plus progresser la pension de base. Il continue seulement de créer des points de complémentaire. La fiche officielle de service-public.fr (F21552, vérifiée le 1er septembre 2026) précise ces règles.

Comment se calcule la retraite complémentaire Agirc-Arrco du président ?

La complémentaire fonctionne par points. Chaque année, on convertit la cotisation en points en la divisant par le prix d’achat du point. En 2026, ce prix est de 20,1877 €. Le taux de calcul des points est de 6,20 % sur la part du salaire inférieure au plafond de la Sécurité sociale (48 060 € par an, 4 005 € par mois) et de 17 % entre un et huit plafonds.

La cotisation réellement payée (7,87 % en tranche 1) est plus élevée que celle qui crée des points (6,20 %). Les taux 2026 publiés par l’Agirc-Arrco sont les suivants :

  • tranche 1 (jusqu’à 48 060 €) : 7,87 % au total, dont 4,72 % à la charge de l’employeur et 3,15 % à celle du salarié ;
  • tranche 2 (de 48 060 € à 384 480 €) : 21,59 % au total, dont 12,95 % employeur et 8,64 % salarié ;
  • contribution d’équilibre général : 2,15 % en tranche 1 et 2,70 % en tranche 2, qui ne créent aucun point ;
  • contribution d’équilibre technique : 0,35 % dès que le salaire dépasse la tranche 1, qui ne crée aucun point non plus.

La valeur du point, elle, détermine ce que vous toucherez : 1,4386 € jusqu’au 31 octobre 2026, puis 1,4587 € à partir du 1er novembre 2026, après la hausse de 1,4 % décidée par le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco le 14 octobre 2026. Pour comprendre la mécanique en détail, consultez notre article sur les points Agirc-Arrco.

Pourquoi les dividendes ne préparent-ils pas la retraite ?

Un dividende n’est pas un salaire. Il ne supporte pas de cotisations de retraite, donc il n’ouvre ni trimestre ni point. Il est imposé au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou au barème progressif sur option, selon la fiche de service-public.fr vérifiée le 21 février 2026.

La stratégie « zéro salaire, tout en dividendes » est séduisante pour la trésorerie, mais elle laisse la pension de ces années à zéro. Chaque année sans salaire est une année vide sur le relevé de carrière.

Quel salaire viser pour ne pas sacrifier sa retraite ?

Notre position est la suivante : le plancher raisonnable est 7 212 € brut par an, parce qu’il achète 4 trimestres pour un coût de cotisations modeste. Au-dessus, la décision se prend sur les points et la pension de base : plus le salaire est élevé, plus la retraite grandit, mais plus les cotisations pèsent sur la société et sur vous.

Pour cet arbitrage, deux repères aident à décider :

  • le rendement de la complémentaire : en tranche 1, chaque euro cotisé au taux de 7,87 % rapporte environ 0,057 € de pension par an, donc il faut percevoir la retraite pendant 17,6 ans pour retrouver sa mise ;
  • la durée qui vous sépare de la retraite : plus elle est longue, plus chaque année de trimestres compte pour atteindre les 172.

Pour aller au-delà du régime obligatoire (contrat article 83, PER, indemnités de fin de carrière), voir notre article sur la retraite supplémentaire du dirigeant.

Cas concret : dix ans de dividendes contre dix ans de salaire

Situation. Marc, 45 ans, vit à Lyon et préside sa SASU de conseil. Depuis la création, il se verse uniquement des dividendes.

Issue. À 55 ans, son relevé de carrière affichera zéro trimestre et zéro point pour ces dix années de présidence.

Strategy. Il se verse 3 000 € brut par mois, soit 36 000 € par an, pendant dix ans. Ce salaire reste sous le plafond de la Sécurité sociale : seule la tranche 1 de l’Agirc-Arrco s’applique.

Result. Sur ces dix années, Marc valide 40 trimestres, soit 23,3 % de la durée de 172 trimestres. Il acquiert 1 105,6 points, soit 1 612,80 € par an de retraite complémentaire (valeur du point de 1,4587 €). Pour la pension de base, avec l’hypothèse simplificatrice d’un salaire annuel moyen de 36 000 € et d’un taux plein, la part acquise est de 40/172 x 50 % x 36 000 €, soit 4 186 € par an. Au total, environ 5 799 € par an, soit 483 € par mois, pour 28 332 € de cotisations Agirc-Arrco de tranche 1 versées sur dix ans, hors contributions d’équilibre et hors cotisations de base. Ces montants sont exprimés en euros de 2026, sans revalorisation future.

Que change un salaire de 60 000 € par rapport à 36 000 € ?

Reprenons Marc avec trois niveaux de salaire, toujours pendant dix ans. Le salaire de 60 000 € dépasse le plafond de la Sécurité sociale : la tranche 2 de l’Agirc-Arrco s’applique sur 11 940 €, et la pension de base est calculée au plus sur 48 060 € de salaire annuel moyen.

Salaire brut annuel pendant 10 ansPoints earnedComplémentaire par anPension de base par anTotal per yearCotisations Agirc-Arrco sur 10 ans
€7,212221.49€323.09€8391 162 € (97 € par mois)€5,676
€36,0001,105.60€1,612.80€4,1865 799 € (483 € par mois)€28,332
€60,0002,481.47€3,619.72€5,5889 208 € (767 € par mois)€63,602

Lecture : passer de 36 000 € à 60 000 € de salaire coûte 3 527 € de cotisations Agirc-Arrco de plus par an, soit 35 270 € sur dix ans. En échange, la pension annuelle augmente de 3 409 €, soit 341 € par an de retraite pour chaque année de salaire à 60 000 €. Il faut donc environ 10,3 ans de retraite pour récupérer ce surcoût (hors cotisations de base, non chiffrées ici). Le gain le plus rentable reste le premier : passer de zéro à 7 212 € crée quatre trimestres pour 568 € de cotisations Agirc-Arrco par an. Mêmes hypothèses que le cas précédent : taux plein, euros de 2026, pas de revalorisation.

Quelles erreurs éviter quand on préside une SAS ou une SASU ?

  • Ne se verser aucun salaire pendant des années, en pensant rattraper plus tard : une année vide ne se comble pas par un gros salaire l’année suivante, puisque l’on ne valide jamais plus de 4 trimestres par an.
  • Confondre le président de SASU avec un gérant non salarié : il relève du régime général et de l’Agirc-Arrco, pas du régime des non-salariés, donc pas des mêmes caisses que le gérant majoritaire d’une EURL.
  • Oublier de contrôler son relevé de carrière avant la fin de chaque exercice : un salaire non déclaré ou mal enregistré se corrige beaucoup plus facilement l’année même que dix ans après.
  • Penser que le salaire élevé garantit une grosse pension de base : celle-ci est plafonnée à 50 % du plafond de la Sécurité sociale, soit 2 002,50 € bruts par mois en 2026.
  • Raisonner sur une valeur du point figée : l’Agirc-Arrco la revalorise chaque année (+1,4 % au 1er novembre 2026), donc les montants futurs différeront de ceux de ces tableaux.

Ce que fait Balmont Conseil

Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, reconstitue avec vous votre relevé de carrière, chiffre votre trajectoire de retraite selon plusieurs niveaux de rémunération, puis arbitre entre salaire, dividendes et dispositifs de retraite supplémentaire pour la société et pour vous. Si vous présidez une SAS ou une SASU, prenez rendez-vous avec Balmont Conseil : nous partons de vos chiffres réels.

Frequently asked questions

Le président de SASU cotise-t-il à la retraite s’il ne se verse aucun salaire ?

Non. Les cotisations de retraite se calculent sur la rémunération versée. Sans salaire, il n’y a ni cotisation, ni trimestre, ni point pour l’année concernée. Les dividendes n’ouvrent aucun droit à la retraite.

Combien faut-il gagner pour valider un trimestre en 2026 ?

Il faut 1 803 € de rémunération brute dans l’année pour un trimestre, soit 150 fois le SMIC horaire de 12,02 €. Avec 7 212 €, vous validez les 4 trimestres de l’année. On ne peut pas en valider plus de 4 par an.

Quelle est la valeur du point Agirc-Arrco en novembre 2026 ?

Elle passe de 1,4386 € à 1,4587 € au 1er novembre 2026, soit +1,4 %, selon la décision du 14 octobre 2026. Le prix d’achat du point reste fixé à 20,1877 € en 2026.

Le président de SAS a-t-il une retraite de base et une complémentaire ?

Oui. Il est assimilé salarié, couvert par le régime général pour la retraite de base et par l’Agirc-Arrco pour la retraite complémentaire, avec les mêmes règles de calcul qu’un cadre salarié.

À quel âge le président peut-il partir à la retraite à taux plein ?

Pour une personne née à partir de 1969, l’âge légal est de 64 ans avec 172 trimestres. Sans la durée complète, le taux plein est acquis automatiquement à 67 ans, mais la pension est proportionnelle aux trimestres validés.

Comment se calcule la pension de base d’un président de SASU ?

Elle égale le revenu annuel moyen des 25 meilleures années, multiplié par 50 % à taux plein, puis par le rapport entre trimestres validés et durée requise (172 pour les générations nées à partir de 1969). Un trimestre manquant retire 0,625 point de taux avant le taux plein.

Quelle est la pension de base maximale en 2026 ?

Elle est limitée à 50 % du plafond de la Sécurité sociale, soit 2 002,50 € bruts par mois pour un départ en 2026. Une surcote, accordée en cas de départ après l’âge légal avec la durée requise, peut dépasser ce plafond.

Sources : service-public.fr, fiches « Cotisations sociales de la SASU » et « Cotisations sociales de la SAS », vérifiées le 21 février 2026, et « Impôt sur le revenu : imposition de la SASU », consultées le 30 octobre 2026 ; service-public.fr, « Durée d’assurance retraite du salarié du privé » (F1761), consultée le 30 octobre 2026 ; service-public.fr, « Montant de la retraite du salarié du secteur privé » (F21552, vérifiée le 1er septembre 2026), consultée le 31 octobre 2026 ; circulaire Cnav 2025-33 du 23 décembre 2025 (SMIC 2026 et seuil de 1 803 €), consultée le 30 octobre 2026 ; Agirc-Arrco, circulaire 2025-16-SG-DRJ « Paramètres 2026 » et actualité du 14 octobre 2026 sur la revalorisation, consultées le 30 octobre 2026 ; La finance pour tous, « Hausse de 1,4 % au 1er novembre 2026 », consultée le 30 octobre 2026 ; Assurance retraite, « Calcul de la retraite de base », consultée le 30 octobre 2026.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

With nearly 14 years of expertise in financial engineering, Alexis Sagnier assists executives and expatriates in securing their cross-border challenges.
Founder of Balmont Conseil in 2013, he calculates the cost of each recommendation in euros (tax, fees, transfer) before any decision is made.
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