Au 31 octobre 2026, liquider une holding revient à distribuer son boni de liquidation, c’est-à-dire le produit net moins les apports, et il est imposé comme un dividende : 31,4 % au prélèvement forfaitaire unique (12,8 % + 18,6 %). Les apports remboursés ne sont pas imposés. La liquidation doit être close dans les 3 ans qui suivent la dissolution.
Que devient l’argent d’une holding quand on la liquide ?
Une holding qui a vendu sa filiale, ou qui a reçu des dividendes pendant des années, accumule de la trésorerie. Pour la sortir, il y a trois chemins : distribuer des dividendes en gardant la société, la liquider pour tout partager d’un coup, ou la garder en sommeil. La liquidation clôt la structure : l’actif est vendu ou attribué, les dettes sont payées, et le surplus revient aux associés. Ce surplus s’appelle le boni de liquidation. Un déficit s’appelle un mali : les associés l’absorbent.
Dissolution, liquidation, clôture : quelle différence ?
Trois mots reviennent, et ils désignent trois moments distincts.
- La dissolution est la décision des associés de mettre fin à la société. Ils nomment un liquidateur (le dirigeant, un associé ou un tiers). Pour une SAS, la fiche officielle indique l’unanimité des associés, sauf clause contraire des statuts. Dans une SASU, l’associé unique décide seul.
- La liquidation est la période qui suit. La société garde sa personnalité morale pour les besoins de la liquidation : le liquidateur vend les actifs et paie les dettes.
- La clôture met fin à la liquidation. Les comptes définitifs font apparaître le boni ou le mali, les associés les approuvent, donnent quitus au liquidateur et constatent la clôture.
Comment se calcule le boni de liquidation ?
Le BOFiP (doctrine fiscale publiée par l’administration) donne la formule : boni = produit net de liquidation − apports réels ou assimilés. Les sommes qui remboursent les apports sont en franchise d’impôt ; seul le surplus est un revenu distribué imposable.
- Titres souscrits à la création : on retranche le montant de l’apport. Pour 150 € reçus et 80 € apportés, le boni imposable est de 70 €.
- Titres rachetés à un tiers plus cher que l’apport : on retient le prix d’acquisition (article 161 du Code général des impôts). Pour 150 € reçus et un prix d’acquisition de 120 €, le boni imposable est de 30 €.
- Remboursement inférieur ou égal aux apports : aucune imposition, mais le déficit de liquidation n’est pas déductible de votre revenu global.
Le boni n’est pas imposé à la dissolution : la société subsiste pour les besoins de la liquidation, et l’imposition intervient à la fin de celle-ci.
Quel impôt sur le boni de liquidation en 2026 ?
Le boni est un revenu distribué : il suit le régime des dividendes. Sans choix de votre part, le prélèvement forfaitaire unique s’applique.
| Item | Rates 2026 |
|---|---|
| Income tax (PFU) | 12.8% |
| Prélèvements sociaux sur revenus de placement | 18.6% |
| Total at the flat-rate tax | 31.4% |
Vous pouvez opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Pour les dividendes, cette option ouvre droit à un abattement de 40 % et à la déduction d’une partie de la CSG ; elle est plus favorable si vous êtes non imposable ou imposé à 11 %, et le PFU l’est à partir d’un taux marginal de 30 %. Pour un associé non résident, le BOFiP prévoit une retenue à la source (article 119 bis, 2 du Code général des impôts), sous réserve des conventions internationales.
Quels impôts la holding paie-t-elle avant de distribuer ?
La dissolution déclenche l’imposition immédiate de ce qui était en attente. Pour une société à l’impôt sur les sociétés, les bénéfices réalisés depuis le dernier exercice clos, les bénéfices différés (provisions devenues sans objet) et les plus-values sur les actifs cédés à la dissolution deviennent imposables. La holding doit déposer sa déclaration de résultats finale dans les 60 jours de l’approbation des comptes de liquidation, avec 15 jours de plus pour une télédéclaration. Les plus-values sur titres de participation relèvent d’un régime particulier, détaillé dans notre page sur les plus-values sur titres de participation à l’IS.
La TVA finale se déclare sous 30 jours au régime normal, 60 jours au simplifié (CA12). La CFE reste due pour l’année entière si la dissolution intervient au 31 décembre ; sinon, un prorata peut être demandé.
Quelles sont les étapes et les délais d’une liquidation ?
- Décision de dissoudre et nomination du liquidateur : le mandat peut durer jusqu’à 3 ans. Dans une SASU, c’est l’associé unique qui décide.
- Publication sous 1 mois dans un journal d’annonces légales et dépôt au guichet des formalités des entreprises.
- Pendant la liquidation : mention « société en liquidation » sur les documents, sous peine d’une amende de 1 500 €, convocation des associés dans les 6 mois, comptes annuels dans les 3 mois de la clôture.
- Clôture : comptes de liquidation, approbation, quitus au liquidateur, avis de clôture publié. Le délai maximal est de 3 ans après la dissolution.
- Radiation : demande sous 1 mois après l’avis de clôture, avec attestations de conformité fiscale et sociale.
Si la liquidation laisse un surplus, le rapport de liquidation est enregistré et taxé à 2,5 %, sauf pour une SASU ou une EURL. Une SASU ou une EURL détenue par une société, elle, peut être dissoute sans liquidation par transmission universelle de patrimoine : cette voie n’est pas ouverte à une holding détenue par une personne physique.
Le calendrier des obligations en un tableau
| Obligation | Deadline |
|---|---|
| Publicité de la dissolution et formalités | Dans le mois |
| Convocation des associés par le liquidateur | Dans les 6 mois de sa nomination |
| Comptes annuels pendant la liquidation | Dans les 3 mois de la clôture de chaque exercice |
| Clôture de la liquidation | Dans les 3 ans de la dissolution |
| Déclaration de résultats finale (IS) | 60 jours après l’approbation des comptes définitifs, plus 15 jours en télédéclaration |
| TVA finale | 30 jours (réel normal, CA3) ou 60 jours (réel simplifié, CA12) |
| Demande de radiation | Dans le mois suivant la publicité de la clôture |
Liquider ou garder la holding ?
Notre position : liquider une holding n’est presque jamais un gain fiscal, c’est un choix de calendrier. Le boni et un dividende sont taxés au même taux ; la seule différence est que les apports sont remboursés sans impôt. Tant que l’argent reste dans la holding, il peut être réinvesti sans subir les 31,4 %. Liquider a du sens si vous voulez simplifier, si les frais de structure dépassent l’intérêt de la holding, ou si vous avez besoin des fonds. Pour comprendre ce que la structure vous apporte au quotidien, voir aussi le mother-daughter diet and our page asset holding company.
Si vous gardez la structure, la question devient : que faire de la trésorerie ? Notre article sur le placement de l’excédent de trésorerie d’une holding détaille les options. Et si votre holding a une activité d’animation de groupe, lisez la page sur la holding animatrice et la transmission Dutreil avant de la dissoudre.
Quelles erreurs éviter quand on liquide une holding ?
- Croire que le boni est taxé à la dissolution. L’imposition intervient à la clôture de la liquidation.
- Oublier la publicité dans le mois. La dissolution se déclare au guichet des formalités des entreprises avec l’attestation de parution dans un journal d’annonces légales.
- Laisser la liquidation traîner. Passé 3 ans, le ministère public ou un intéressé peut saisir le tribunal.
- Manquer la déclaration finale. Résultats, TVA : les délais courent depuis l’approbation des comptes ou la cessation, et ils sont courts.
- Oublier le prorata de CFE. Si la dissolution a lieu avant le 31 décembre, un prorata peut être demandé, au plus tard le 31 décembre de l’année suivante.
- Compter sur la déduction d’un mali. Le déficit de liquidation n’est pas déductible de votre revenu global.
- Choisir le barème par réflexe. Le PFU est souvent plus avantageux dès que la tranche marginale atteint 30 %.
Cas concret : un dirigeant de 52 ans qui liquide sa SASU holding
Situation. Un chef d’entreprise lyonnais de 52 ans a créé une SASU holding avec 10 000 € de capital. Après la vente de sa filiale et le paiement de l’impôt sur les sociétés, la holding détient 600 000 € de trésorerie.
Issue. Il veut tout récupérer pour acheter sa résidence principale. Le boni est de 600 000 € − 10 000 € = 590 000 €.
Strategy. Il fait liquider la holding, rembourse son apport sans impôt et applique le prélèvement forfaitaire unique, car l’option barème ne lui est pas favorable avec sa tranche marginale.
Résultat chiffré. Impôt sur le revenu : 590 000 € × 12,8 % = 75 520 €. Prélèvements sociaux : 590 000 € × 18,6 % = 109 740 €. Total : 185 260 €, soit 414 740 € nets sur 600 000 €. S’il avait distribué la même somme en dividende sans liquider, l’imposition aurait été de 188 400 € : la liquidation lui fait gagner 3 140 €, soit 31,4 % de l’apport de 10 000 €.
Second cas concret : PFU ou barème sur un boni de 40 000 €
Situation. Deux associés uniques de holding reçoivent chacun un boni de 40 000 € : l’un dans la tranche à 11 %, l’autre dans la tranche à 30 %. Dans les deux cas, le boni reste dans la tranche indiquée.
Issue. Faut-il garder le PFU ou opter pour le barème, qui offre un abattement de 40 % et la déduction de 6,8 points de CSG ?
Strategy. On compare, pour chacun, le total impôt sur le revenu et prélèvements sociaux. Au PFU : 12,8 % + 18,6 % = 31,4 %, soit 12 560 €. Au barème : base de 40 000 € × 60 % = 24 000 €, moins 2 720 € de CSG déductible (6,8 % de 40 000 €), soit 21 280 € imposables, plus 7 440 € de prélèvements sociaux (18,6 %).
Result. Dans la tranche à 11 %, le barème coûte 9 781 € : il économise 2 779 € face au PFU. Dans la tranche à 30 %, il coûte 13 824 € : le PFU est meilleur de 1 264 €. À 41 %, l’écart en faveur du PFU monte à 3 605 €. Le point de bascule est un taux marginal d’environ 24 %. Cas fictif ; calcul simplifié, hors effet de tranche, quotient familial et contributions spécifiques.
Ce que fait Balmont Conseil
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FAQ
Comment est imposé le boni de liquidation d’une holding ?
Comme un revenu distribué : prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux) en 2026, ou option pour le barème progressif. Seule la part qui dépasse les apports est imposée.
Combien de temps dure la liquidation d’une société ?
Le mandat du liquidateur peut aller jusqu’à 3 ans, et la clôture doit intervenir dans les 3 ans de la dissolution, sinon le tribunal peut intervenir.
Que se passe-t-il s’il n’y a que des dettes ?
C’est un mali : les associés l’absorbent. Le BOFiP précise que le déficit de liquidation n’est pas déductible du revenu global de l’associé.
Peut-on dissoudre une holding sans la liquider ?
Seulement si son associé unique est une société : la transmission universelle de patrimoine évite alors la liquidation. Une holding détenue par une personne physique doit passer par une liquidation complète.
Faut-il payer 2,5 % de droits sur la liquidation ?
Le rapport de liquidation est taxé à 2,5 % lorsqu’il laisse un surplus, mais cette taxe ne s’applique pas à une SASU ou à une EURL. Elle concerne les sociétés à plusieurs associés, comme une SAS ou une SARL pluripersonnelle.
Qui peut être liquidateur d’une holding ?
Le liquidateur est nommé par les associés. Ce peut être le dirigeant, un associé ou un tiers. Son mandat ne peut pas dépasser 3 ans. Il vend les actifs, paie les dettes, établit les comptes et convoque les associés.
Que se passe-t-il si la liquidation dépasse 3 ans ?
Le délai maximal de clôture est de 3 ans à compter de la dissolution. Passé ce délai, le ministère public ou toute personne intéressée peut saisir le tribunal.
Le PFU ou le barème pour un boni de liquidation ?
Le PFU de 31,4 % s’applique sans démarche. Le barème, avec son abattement de 40 %, ne gagne que pour les foyers peu imposés : dans notre exemple, il économise 2 779 € à 11 % de tranche marginale et coûte 1 264 € de plus à 30 %.
Sources : BOFiP-Impôts, BOI-RPPM-RCM-10-20-40 « Distributions consécutives à la dissolution de la société » (version en vigueur depuis le 20 décembre 2019), consulté le 30 octobre 2026 ; entreprendre.service-public.gouv.fr, fiches F23744 « Cessation d’activité d’une entreprise » (vérifiée le 7 juillet 2026) et F38559 « Conséquences fiscales de la dissolution » (vérifiée le 21 février 2026), consultées le 31 octobre 2026 ; service-public.gouv.fr, fiche F34913 « Revenus d’épargne et de placement » (vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 30 octobre 2026) et fiche F2329 sur les prélèvements sociaux (vérifiée le 30 juin 2026, consultée le 31 octobre 2026).










