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Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, la décote réduit l’impôt d’un célibataire dont l’impôt brut ne dépasse pas 1 982 € (897 € − 45,25 % de l’impôt brut) et celui d’un couple dont l’impôt brut ne dépasse pas 3 277 € (1 483 € − 45,25 %). Elle s’applique sans démarche. Chiffres vérifiés au 31 octobre 2026.

La décote est le mécanisme le plus mal compris du calcul de l’impôt sur le revenu. Elle allège les petits impôts, mais elle change aussi le coût réel d’un euro gagné en plus. Voici les règles, les seuils, et l’effet que presque personne ne calcule.

Qu’est-ce que la décote de l’impôt sur le revenu ?

La décote est une réduction automatique de l’impôt brut, calculé avec le barème progressif. Elle vise les foyers dont l’impôt est faible. Vous n’avez rien à demander ni à cocher : l’administration la calcule sur votre avis. Elle se déduit de l’impôt brut, avant vos réductions et crédits d’impôt éventuels.

Elle ne dépend pas de votre revenu directement, mais du montant de l’impôt. C’est une différence importante : un foyer avec plusieurs enfants a un impôt brut plus bas à revenu égal, et reste donc éligible à la décote avec un revenu plus élevé.

Comment calculer la décote en 2026 ?

Le calcul est en deux temps. Vous comparez d’abord l’impôt brut au seuil de votre situation. S’il est inférieur ou égal, vous appliquez la formule.

SituationImpôt brut maximumDiscount
Célibataire, divorcé, veuf€1,982897 € − (45,25 % × impôt brut)
Married or civil union couple, joint taxation€3,2771 483 € − (45,25 % × impôt brut)

Exemple officiel pour un célibataire : avec 1 400 € d’impôt brut, la décote est de 897 − 633,50 = 263,50 €, et l’impôt tombe à 1 136,50 €. La décote est plus forte quand l’impôt est faible et s’éteint progressivement.

Voici ce que donne le barème 2026 (revenus 2025) à différents niveaux de revenu net imposable :

HomeNet taxable incomeImpôt brutDiscountImpôt après décote
Bachelor€20,000€924€479€445
Bachelor€26,000€1,584€180€1,404
Bachelor€28,000€1,804€81€1,723
Bachelor€30,000€2,104€0€2,104
Couple, 2 parts€44,000€2,288€448€1,840
Couple, 2 parts€52,000€3,168€49€3,119
Couple, 2 parts€54,000€3,388€0€3,388

Ces montants s’appuient sur les tranches 2026 : 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % jusqu’à 29 579 €, 30 % jusqu’à 84 577 €, 41 % jusqu’à 181 917 €, puis 45 %, par part de quotient familial.

Dans quel ordre s’appliquent le plafonnement du quotient familial, la décote et les réductions d’impôt ?

L’ordre compte, parce que la décote porte sur l’impôt brut tel qu’il ressort après le plafonnement du quotient familial. Service-public.gouv.fr donne la séquence :

  1. Le barème progressif et le plafonnement du quotient familial. L’avantage procuré par chaque demi-part supplémentaire est limité à 1 807 € (904 € pour un quart de part). Pour la part accordée à un parent isolé qui élève seul un enfant, le plafond est de 4 262 € ;
  2. The discount, si l’impôt obtenu est sous le seuil de 1 982 € ou de 3 277 € ;
  3. Les réductions et crédits d’impôt (dons, par exemple), qui se déduisent en dernier de l’impôt déjà diminué de la décote.

Un exemple de la fiche officielle montre l’effet : un couple avec un enfant (2,5 parts) et 60 000 € de revenu net imposable paie 3 410 €. Ce montant dépasse 3 277 € : aucune décote ne s’applique, bien que le foyer ne soit pas riche. Le nombre de parts décide donc de la décote autant que le revenu.

Dernier détail pratique : l’impôt n’est pas mis en recouvrement s’il est inférieur à €61 après décote et réductions d’impôt, avant imputation des crédits d’impôt.

À partir de quel revenu la décote disparaît-elle ?

Pour un célibataire, elle s’éteint vers 29 590 € de revenu net imposable. Pour un couple à deux parts, vers 52 990 €. Ces repères viennent du calcul inverse : ils correspondent au revenu pour lequel l’impôt brut atteint 1 982 € et 3 277 €.

  • Family with children : le seuil porte sur l’impôt, pas sur le revenu. Plus il y a de parts, plus le revenu pour lequel la décote s’éteint est élevé ;
  • Foyer à une seule part : la décote est quasi absente au-dessus de 29 600 € de revenu net imposable ;
  • Wealth income : les loyers et les dividendes soumis au barème entrent dans le revenu net imposable et peuvent faire sortir de la décote.

Jusqu’à quel revenu ne paie-t-on aucun impôt grâce à la décote ?

La décote peut effacer l’impôt en entier, puisqu’elle ne peut pas le rendre négatif. Elle l’efface quand elle atteint le montant de l’impôt brut, c’est-à-dire pour un impôt brut d’au plus 617 € pour un célibataire (897 ÷ 1,4525) et d’au plus 1 021 € pour un couple (1 483 ÷ 1,4525). Traduit en revenu, cela donne, avec le barème 2026 :

HomeImpôt nul jusqu’àDécote active entreDécote éteinte au-delà de
Célibataire (1 part)environ 17 200 €17 200 € et 29 590 €€29,590
Couple (2 parts)environ 32 500 €32 500 € et 52 990 €€52,990

Ces seuils sont calculés à partir des formules officielles, pour un revenu net imposable sans autre particularité. Ils expliquent un fait surprenant : un célibataire dont le revenu net imposable est de 15 000 € se trouve dans la tranche à 11 % sur le papier, mais ne paie rien.

Pourquoi la décote fait-elle monter votre taux marginal réel ?

Votre tranche marginale d’imposition (TMI) est de 11 % entre 11 600 € et 29 579 € par part. Mais tant que la décote s’applique, chaque euro d’impôt supplémentaire fait perdre 45,25 centimes de décote. L’impôt réellement payé augmente donc de 1 + 0,4525 = 1,4525 fois ce que dit le barème.

Le taux marginal réel dans la zone de décote est ainsi de 11 % × 1,4525 = 15.98%, et non 11 %. Un foyer qui se croit à 11 % est en réalité à presque 16 %. Dans la bande de 14 € de revenu où la tranche de 30 % rencontre la fin de la décote, le taux marginal réel monte à 43,6 %. Au-dessus, il redescend à 30 %.

Zone de revenu (célibataire)Tranche affichéeTaux marginal réel
Jusqu’à 11 600 €0%0%
11 600 € à 17 200 €11%0 % (la décote efface l’impôt)
17 200 € à 29 590 €11%15.98%
29 590 € à 84 577 €30%30%

Ce taux de 15,98 % joue dans les deux sens : un revenu de plus est plus taxé qu’il n’y paraît, mais une déduction de plus rapporte aussi davantage que 11 %. Pour mesurer l’effet d’une prime, d’une vente ou d’un nouveau loyer, il faut raisonner avec ce taux. Notre page sur l’income tax optimization détaille les leviers de réduction une fois votre taux réel connu.

Cas concret : 160 € d’impôt de plus pour 1 000 € de revenu en plus

Situation. Julien, 38 ans, cadre à Lyon, célibataire, a un revenu net imposable de 26 000 €. Son impôt brut est de 1 584 €. Après décote de 180 €, il paie 1 404 €.

Issue. Il hésite à accepter une mission ponctuelle qui lui rapporterait 1 000 € de plus. Sa TMI est de 11 %, il estime donc l’impôt supplémentaire à 110 €.

Strategy. Il refait le calcul complet avec la décote. À 27 000 €, l’impôt brut passe à 1 694 € et la décote tombe à 130 €.

Result. Son impôt devient 1 564 €, soit 160 € de plus que les 1 404 € précédents. Le taux marginal réel est de 15,98 %, pas de 11 %. L’écart avec son estimation est de 50 € sur 1 000 € de revenu ; sur un foyer qui cumule loyers, dividendes et primes, il se répète à chaque ligne de revenu.

Deuxième cas : une déduction de 1 000 € rapporte 160 € dans la zone de décote

Situation. Amélie et Thomas, 44 et 46 ans, mariés, sans enfant, vivent à Lyon. Leur revenu net imposable est de 46 000 € (hypothèse). Leur impôt brut est de 2 508 €, la décote de 348 €, l’impôt à payer de 2 160 €.

Issue. Ils envisagent un versement de 1 000 € sur un plan d’épargne retraite, déductible de leur revenu dans la limite du plafond de déduction. Ils comptent sur une économie de 110 € (1 000 € × 11 %).

Strategy. Ils refont le calcul avec un revenu net imposable de 45 000 € : l’impôt brut tombe à 2 398 €, mais la décote remonte à 398 €.

Result. L’impôt passe de 2 160 € à 2 000 € : l’économie est de 160 €, soit 15,98 % du montant déduit, et non 110 €. Le même versement fait par un foyer sorti de la décote à 30 % de TMI économiserait 300 €. Avant un versement ou une cession, la bonne question est donc : à quel taux marginal réel mon foyer se situe-t-il cette année ? Cas fictif, calcul simplifié, hors prélèvements sociaux et autres réductions.

Comment la décote joue-t-elle sur vos dividendes et vos intérêts ?

Si vous optez pour le barème progressif pour vos dividendes, ils entrent dans le revenu net imposable après un abattement de 40 %. L’option est globale : elle s’applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers et à vos plus-values sur valeurs mobilières de l’année. Dans la zone de décote, 1 000 € de dividendes comptent pour 600 € de revenu imposable, soit 600 € × 15,98 % = 96 € d’impôt sur le revenu, contre 128 € avec le prélèvement forfaitaire de 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus dans les deux cas. Le barème est donc d’autant plus favorable que votre foyer est dans la zone de décote. Le choix entre les deux régimes est détaillé dans notre page dividendes ou plus-value : PFU ou barème en 2026.

Quelles erreurs commettent le plus souvent les foyers avec la décote ?

  • Raisonner sur le revenu au lieu de l’impôt brut. Le seuil de 1 982 € ou de 3 277 € porte sur l’impôt, après plafonnement du quotient familial. Un couple avec un enfant et 60 000 € de revenu net imposable paie 3 410 € et n’a droit à aucune décote ;
  • Estimer l’impôt d’un revenu en plus avec la seule TMI. Dans la zone de décote, l’erreur est de 45 % sur le taux : 15,98 % au lieu de 11 % ;
  • Croire que la décote s’applique après les réductions d’impôt. Elle s’applique avant : les réductions et crédits se déduisent d’un impôt déjà diminué de la décote ;
  • Oublier que les loyers et les dividendes au barème comptent. Ils font monter l’impôt brut et peuvent suffire à faire sortir de la décote ;
  • Comparer deux foyers au même revenu sans comparer les parts. À revenu égal, un foyer avec enfants garde sa décote plus longtemps.

Comment s’en servir pour décider ?

Trois réflexes évitent les mauvaises surprises :

  • Calculez l’effet d’un revenu supplémentaire avec l’impôt brut et la décote avant de vous engager, pas avec la TMI seule ;
  • Repérez à quel niveau de revenu votre foyer sort de la décote : au-delà, le taux marginal réel revient à celui de la tranche ;
  • Comparez toute déduction ou réduction à ce taux réel : un euro déduit dans la zone de décote économise 0,16 € d’impôt, et non 0,11 €. Les avantages fiscaux restent par ailleurs soumis au plafonnement global des niches fiscales.

Pour un foyer qui se situe plus haut dans le barème, notre article sur les stratégies pour optimiser l’impôt sur le revenu à Lyon prolonge ce raisonnement.

Ce que fait Balmont Conseil

Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, reconstitue l’impôt réel de chaque foyer, décote comprise, avant toute décision de placement, de versement ou de cession. Pour étudier votre situation, prenez rendez-vous sur notre page contact.

FAQ

Quel est le seuil de la décote en 2026 ?

Pour les revenus 2025, la décote s’applique si l’impôt brut est inférieur ou égal à 1 982 € pour un célibataire et à 3 277 € pour un couple en imposition commune. Au-delà, elle est nulle.

Faut-il demander la décote ?

Non. Elle est calculée automatiquement sur votre avis d’impôt. Aucune case ne se coche et aucun justificatif n’est à fournir. Elle est déduite de l’impôt brut avant l’imputation de vos réductions et crédits d’impôt éventuels.

Comment calculer la décote d’un couple ?

La formule est 1 483 € − (45,25 % × impôt brut), pour un impôt brut de 3 277 € au plus. Exemple officiel : pour un impôt brut de 2 800 €, la décote est de 216 € et l’impôt de 2 584 €.

La décote dépend-elle du nombre d’enfants ?

Pas directement. Elle dépend de l’impôt brut, qui baisse avec le nombre de parts. À revenu égal, un foyer avec enfants a donc plus de chances de rester sous le seuil de 1 982 € ou de 3 277 €.

Pourquoi mon impôt monte-t-il plus vite que ma tranche ?

Parce que chaque euro d’impôt en plus fait perdre 45,25 centimes de décote. Dans la tranche à 11 %, le taux marginal réel est de 15,98 %. Il revient à la tranche affichée quand la décote est éteinte.

La décote s’applique-t-elle avant ou après les réductions d’impôt ?

Avant. L’ordre est le barème avec plafonnement du quotient familial, puis la décote, puis les réductions et crédits d’impôt. Une réduction d’impôt vient donc diminuer un impôt déjà allégé par la décote.

Ai-je un impôt à payer si je suis sous 61 € ?

Non. L’impôt n’est pas mis en recouvrement lorsqu’il est inférieur à 61 € après décote et réductions d’impôt, avant imputation des crédits d’impôt.

Jusqu’à quel revenu un célibataire ne paie-t-il rien ?

Environ 17 200 € de revenu net imposable en 2026 pour une part : l’impôt brut y atteint 617 € et la décote l’efface entièrement. Entre 17 200 € et 29 590 €, le taux marginal réel est de 15,98 %.

Sources: « Impôt sur le revenu – Calcul de l’impôt » (fiche F34328), service-public.gouv.fr, consultée le 31 octobre 2026 ; « Impôt sur le revenu – Barème » (fiche F1419), service-public.gouv.fr, consultée le 31 octobre 2026 ; « Impôt sur le revenu – Revenus d’épargne et de placement » (fiche F2613), service-public.gouv.fr, vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 31 octobre 2026 ; « Prélèvements sociaux (CSG, CRDS…) sur les revenus du patrimoine et de placements » (fiche F2329), service-public.gouv.fr, vérifiée le 30 juin 2026, consultée le 31 octobre 2026.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

With nearly 14 years of expertise in financial engineering, Alexis Sagnier assists executives and expatriates in securing their cross-border challenges.
Founder of Balmont Conseil in 2013, he calculates the cost of each recommendation in euros (tax, fees, transfer) before any decision is made.
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