Votre pension française est versée où que vous viviez, mais trois seuils modifient vos droits : plus de 6 mois par an à l’étranger pour l’assurance maladie, 183 jours pour le domicile fiscal, et moins de 9 mois en France sans foyer permanent pour perdre l’Aspa. Règles vérifiées au 31 octobre 2026.
La plupart des retraités qui partent profiter de la vie ailleurs se posent la même question : combien de temps peut-on rester hors de France sans rien perdre ? La réponse dépend de la prestation. Voici les seuils, ce qui bascule quand on les franchit, les démarches à faire avant le départ, et deux cas chiffrés.
La pension est-elle versée quand on vit à l’étranger ?
Oui. L’Assurance retraite verse la pension chaque mois dans plus de 180 pays, sur votre compte français ou sur un compte à l’étranger. Pour un virement à l’étranger, renseignez-vous auprès de votre banque sur les frais. Il faut signaler tout changement d’adresse ou de coordonnées bancaires à la caisse régionale, par courrier ou en ligne.
Chaque année, un certificat de vie doit être renvoyé dans les délais, quelle que soit votre nationalité. Vous le transmettez depuis votre espace personnel ou par courrier au centre de traitement des retraites à l’étranger, à Tours. Sans retour, le versement de la pension peut être suspendu. Le détail est dans notre page sur le certificat de vie des retraités à l’étranger.
Quels sont les seuils à connaître quand on reste plus de 6 mois à l’étranger ?
| Threshold | Ce qui bascule |
|---|---|
| 6 mois de résidence en France sur les 12 derniers mois | Condition de l’Assurance Maladie pour la prise en charge des frais de santé en France |
| Plus de 6 mois par an dans l’UE, l’EEE ou la Suisse | Le retraité relève exclusivement du régime de santé de son pays de résidence |
| 183 jours en France dans l’année | Lieu de séjour principal, l’un des quatre critères du domicile fiscal |
| Plus de 9 mois en France, ou foyer permanent | Condition de résidence stable pour percevoir l’Aspa |
Que devient l’assurance maladie après 6 mois à l’étranger ?
L’Assurance Maladie demande de pouvoir justifier de 6 mois de résidence en France sur les 12 derniers mois. Vous devez déclarer spontanément votre départ à l’étranger à la CPAM, avec le formulaire de transfert de résidence. Une caisse qui vous demande des justificatifs et ne reçoit pas de réponse sous 30 jours peut fermer vos droits.
Si vous résidez dans l’UE, l’EEE ou la Suisse de façon permanente ou plus de 6 mois par an, le Cleiss indique que vous relevez exclusivement du régime d’assurance maladie de votre pays de résidence. Vous rendez votre carte Vitale à la CPAM et vous vous affiliez sur place. Pour un court séjour, la carte européenne d’assurance maladie suffit.
Hors UE, la prise en charge dépend d’une convention. L’Assurance retraite cite l’Algérie, Andorre, le Maroc, la Tunisie, la Turquie, le Québec, la Serbie, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, entre autres. Dans ces pays, vous demandez une attestation de droit aux soins, auprès de l’organisme de votre pays de résidence ou avec le questionnaire envoyé par la caisse. Sans elle, vos soins ne sont pas pris en charge. Si vous relevez de l’Alsace-Moselle, informez la Carsat Alsace-Moselle dans les deux ans suivant l’attribution de votre retraite.
Que change le seuil des 183 jours pour l’impôt ?
Peu importe que vous restiez plus ou moins de 183 jours : un seul critère suffit pour être domicilié fiscalement en France. Selon service-public.fr, ces critères sont le foyer, le séjour principal (au moins 183 jours dans l’année), l’activité professionnelle principale et le centre des intérêts économiques. Garder en France votre conjoint et votre résidence habituelle suffit donc à y rester résident fiscal, même en voyageant 8 mois. Notre article sur les 183 jours hors de France détaille ce piège.
Si votre domicile fiscal est hors de France, la CSG, la CRDS et la Casa ne sont pas prélevées sur votre retraite. Une cotisation d’assurance maladie de 3,20 % peut en revanche être prélevée si vous relevez à titre obligatoire d’un régime français, ou si vous êtes de nationalité étrangère avec au moins 15 ans d’assurance vieillesse en France. L’imposition de la pension dépend ensuite de la convention fiscale : voir notre page sur les pensions françaises des non-résidents.
Combien de prélèvements sociaux un retraité évite-t-il en quittant la France ?
Pour un retraité fiscalement domicilié en France, le taux de prélèvements dépend du revenu fiscal de référence. Selon service-public.fr, les taux applicables en 2026 sont les suivants.
| Niveau de revenu | CSG | CRDS | House | Total |
|---|---|---|---|---|
| Zero rate | Exempt | Exempt | Exempt | 0% |
| Reduced rate | 3.8% | 0.5% | Exempt | 4.3% |
| Median rate | 6.6% | 0.5% | 0.3% | 7.4% |
| Normal rate | 8.3% | 0.5% | 0.3% | 9.1% |
Le taux est fixé d’après le revenu fiscal de référence de 2024 pour 2026. Pour une personne seule (1 part), le taux normal s’applique au-dessus de 26 472 €, le taux médian entre 17 058 € et 26 472 €, le taux réduit entre 13 049 € et 17 057 €. Pour un couple (2 parts), le taux normal s’applique au-dessus de 40 604 €. Ces prélèvements portent sur toute la pension. Une fois le domicile fiscal transféré hors de France, ils ne sont plus prélevés.
Faut-il vendre son logement en France pour devenir non-résident fiscal ?
Pas nécessairement, mais le logement pèse lourd. Les quatre critères du domicile fiscal sont alternatifs : si l’un d’eux vous rattache à la France, vous y restez imposable. Garder une maison à disposition, un conjoint qui y vit ou des revenus principalement français peut suffire. Notre page sur le critère du foyer et du séjour principal explique comment l’administration les apprécie, et celle sur le conjoint resté en France traite le cas des couples qui se séparent géographiquement. Avant de partir, comparez le coût de conserver le logement avec l’économie réalisée sur les prélèvements sociaux : c’est un arbitrage chiffré, pas un réflexe.
Le minimum vieillesse est-il versé à l’étranger ?
Non. L’Aspa exige une résidence stable en France, prouvée soit par un foyer permanent, soit par un séjour principal en France, c’est-à-dire plus de 9 mois l’année du versement. L’Assurance retraite précise qu’elle n’est plus versée si vous partez vivre à l’étranger, et que vous pouvez la redemander au retour. Depuis le 1er janvier 2026, le montant maximum est de 1 043,59 € par mois pour une personne seule et de 1 620,18 € pour un couple dont les deux membres la perçoivent.
Quelles démarches faire avant de partir ?
- Signalez votre nouvelle adresse et vos coordonnées bancaires à votre caisse de retraite régionale.
- Préparez le certificat de vie annuel : il doit être rempli par une autorité locale compétente puis transmis en ligne ou par courrier.
- Déclarez votre départ à la CPAM avec le formulaire de transfert de résidence, et rendez votre carte Vitale si vous vous installez dans l’UE, l’EEE ou la Suisse.
- Hors UE, demandez l’attestation de droit aux soins si une convention existe avec votre pays de destination.
- Si vous touchez l’Aspa, signalez votre départ : elle cesse.
- Déclarez votre changement de domicile fiscal à l’administration fiscale et conservez les justificatifs de votre résidence à l’étranger.
Cas concret : Marie, 68 ans, veut passer l’hiver au Portugal
- Situation. Marie, 68 ans, vit à Lyon. Sa pension est de 900 € par mois, sans autre ressource. Elle touche l’Aspa différentielle : 1 043,59 − 900 = 143,59 € par mois.
- Issue. Elle envisage de vendre son appartement et de partir 7 mois par an au Portugal, en location. Elle n’aurait plus de foyer permanent en France et resterait 5 mois sur le territoire.
- Strategy. Elle garde un logement en France et limite son séjour à 4 mois à l’étranger. Elle reste plus de 6 mois en France, ce qui préserve sa prise en charge maladie, et son foyer permanent maintient la condition de résidence de l’Aspa.
- Result. Elle conserve 143,59 € par mois, soit 1 723,08 € par an d’Aspa, et sa couverture santé. Avec la première option, elle risquait de perdre cette allocation et sa prise en charge en France.
Le calcul est simplifié : l’Aspa dépend de l’ensemble des ressources du foyer. Il illustre l’ordre de grandeur de ce qu’un seuil mal anticipé coûte.
Cas concret : Georges, 66 ans, s’installe durablement au Portugal
- Situation. Georges, 66 ans, célibataire, touche 30 000 € de pension par an. Son revenu fiscal de référence 2024 dépasse 26 472 € : il paie le taux normal de 9,1 % sur sa pension.
- Issue. Il hésite entre un séjour de 8 mois par an en gardant sa maison de Lyon, et une installation complète avec transfert de son domicile fiscal.
- Strategy. Avec sa maison et ses attaches à Lyon, l’administration peut le considérer comme domicilié fiscalement en France malgré 8 mois à l’étranger : il resterait alors soumis aux prélèvements. Il choisit donc l’installation complète, vend sa maison, rend sa carte Vitale et s’affilie sur place.
- Result. Sa pension n’est plus soumise à la CSG, à la CRDS ni à la Casa. Il économise 30 000 × 9,1 % = 2 730 € par an, dont 2 490 € de CSG, 150 € de CRDS et 90 € de Casa. Le calcul est avant l’impôt du pays d’accueil, qui dépend de la convention fiscale.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes ?
- Croire qu’un séjour de moins de 183 jours en France suffit à quitter le domicile fiscal français, alors qu’un seul des quatre critères suffit à y rester.
- Ne pas déclarer son départ à la CPAM, ce qui expose à la fermeture des droits.
- Oublier le certificat de vie, qui entraîne la suspension du versement de la pension.
- Compter sur l’Aspa en partant plus de 9 mois sans foyer permanent en France.
- Partir hors UE sans demander l’attestation de droit aux soins, alors que sans elle les soins ne sont pas pris en charge.
Ce que fait Balmont Conseil
Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, vous aide à préparer une retraite à l’étranger sans mauvaise surprise : choix du pays, organisation de vos comptes et contrats français, impact sur votre patrimoine et votre fiscalité. Pour en parler, prenez rendez-vous avec Balmont Conseil. Vous pouvez aussi lire notre comparatif des pays pour la retraite à l’étranger.
Frequently asked questions
Combien de temps peut-on rester à l’étranger quand on est retraité ?
Il n’existe pas de limite pour la pension elle-même. Les limites viennent des prestations annexes : 6 mois de résidence en France sur 12 pour l’Assurance Maladie, plus de 9 mois ou un foyer permanent pour l’Aspa, et les critères du domicile fiscal pour l’impôt.
Faut-il prévenir sa caisse de retraite quand on part ?
Oui. Signalez votre changement d’adresse et de coordonnées bancaires à votre caisse régionale. Si vous touchez l’Aspa, signalez aussi votre départ. Prévenez également la CPAM, qui demande une déclaration spontanée du départ à l’étranger.
Perd-on sa carte Vitale en partant vivre dans l’UE ?
Si vous résidez dans un autre pays de l’UE, de l’EEE ou en Suisse de façon permanente ou plus de 6 mois par an, vous relevez du régime de ce pays et rendez votre carte Vitale à la CPAM. Pour un séjour temporaire, vous demandez la carte européenne d’assurance maladie.
La CSG est-elle prélevée sur la pension d’un retraité à l’étranger ?
Non, si votre domicile fiscal est hors de France : la CSG, la CRDS et la Casa ne sont pas prélevées. Une cotisation maladie de 3,20 % peut s’appliquer dans certains cas, notamment si vous relevez d’un régime français obligatoire d’assurance maladie.
L’Aspa peut-elle être conservée en cas de longs séjours hors de France ?
Seulement si vous restez résident stable en France : foyer permanent en France ou séjour principal de plus de 9 mois dans l’année du versement. En cas de départ pour vivre à l’étranger, elle n’est plus versée.
Comment transmettre son certificat de vie depuis l’étranger ?
Le certificat doit être rempli par une autorité locale compétente. Vous le transmettez en ligne depuis votre espace personnel, ou par courrier au centre de traitement des retraites à l’étranger, à Tours. Un retour dans les délais évite la suspension de la pension.
Quel taux de CSG s’applique à un retraité resté fiscalement en France ?
Il dépend du revenu fiscal de référence : 0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 % de CSG, auxquels s’ajoutent 0,5 % de CRDS et 0,3 % de Casa aux taux médian et normal. Le total atteint 9,1 % au taux normal.
La pension est-elle versée sur un compte à l’étranger ?
Oui. Vous pouvez la percevoir sur votre compte français ou demander un virement sur un compte à l’étranger. Interrogez votre banque sur les frais de ce virement avant de le demander.
Sources : lassuranceretraite.fr, « Démarches quand on vit à l’étranger » ; lassuranceretraite.fr, « Tout savoir sur l’Aspa » ; ameli.fr, « La protection universelle maladie » ; cleiss.fr, retraités dans l’UE-EEE-Suisse, situations n°2 et n°3 ; service-public.gouv.fr, fiches F16871 (Aspa, vérifiée le 23 juin 2026), F2971 (CSG, CRDS et Casa sur les revenus de remplacement, taux 2026) et F62 (domicile fiscal, vérifiée le 1er janvier 2026) ; consultés le 31 octobre 2026.










