Parler la langue facilite l’installation, mais ne change ni votre résidence fiscale ni votre protection sociale. Au 31 octobre 2026, la France a une convention fiscale sur le revenu avec la Belgique, le Luxembourg, la Suisse, le Canada, Maurice et le Maroc. La couverture sociale, elle, varie : règlements européens, convention bilatérale ou affiliation à titre volontaire. Le pays se choisit sur ces critères, pas sur la langue.
Quels pays francophones envisager pour s’expatrier ?
Le français est d’usage courant, à des degrés divers, en Belgique, au Luxembourg, en Suisse romande, au Québec, à l’île Maurice et au Maroc. Ces destinations ont un point commun : un accueil facilité par la langue. Elles diffèrent sur tout le reste, comme le montre le tableau ci-dessous.
| Country | Convention fiscale sur le revenu avec la France | Protection sociale (source : CLEISS) | Our page |
|---|---|---|---|
| Belgium | Signée le 10 mars 1964 | Règlements européens de coordination | Living in Belgium |
| Luxembourg | Signée le 20 mars 2018 | Règlements européens de coordination | Convention France-Luxembourg |
| Switzerland | Signée le 9 septembre 1966 | Règlements européens de coordination | Quitter la France pour la Suisse |
| Canada (Québec) | Signée le 2 mai 1975 | Convention bilatérale pour le Québec | Entente France-Québec |
| Mauritius | Signée le 11 décembre 1980 | Non citée dans la liste des accords du CLEISS : à vérifier avant le départ | Convention France-Maurice |
| Morocco | Signée le 29 mai 1970 | Convention bilatérale | Living in Morocco |
Comment la protection sociale change-t-elle selon le pays ?
Les règlements européens de coordination s’appliquent dans les 27 États de l’Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège et en Suisse. Avec un pays lié à la France par une convention bilatérale, certains accords évitent des délais d’attente pour les soins. Sans accord, vous pouvez rejoindre le régime local, adhérer à la Caisse des Français de l’étranger (CFE) ou souscrire une assurance privée. Pendant une expatriation, qui n’a pas de durée limitée, vous relevez en principe du régime local obligatoire, et aucune convention ne couvre le risque chômage.
Ce point pèse dans le budget : une couverture santé payée à titre privé ou volontaire est un coût à intégrer avant de comparer les impôts.
Comment cesser d’être résident fiscal français ?
Il suffit de remplir l’un des trois critères pour être domicilié fiscalement en France : avoir son foyer ou, à défaut, son lieu de séjour principal en France ; y exercer à titre principal une activité professionnelle ; y avoir le centre de ses intérêts économiques, c’est-à-dire des revenus de source française supérieurs à ceux de source étrangère. Pour devenir non-résident, il faut donc rompre les trois liens. Si l’autre État vous considère aussi comme résident, la convention fiscale tranche, avec quatre critères dans cet ordre : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité. Le détail est dans notre article sur la résidence fiscale (article 4 B du CGI).
L’exit tax concerne-t-elle un départ vers un pays francophone ?
Oui, si vous avez été résident fiscal français au moins 6 ans au cours des 10 dernières années et que vos titres atteignent 800 000 € ou représentent au moins 50 % des bénéfices d’une société. Le pays francophone choisi ne change rien au calcul, mais il change le sursis de paiement : il est automatique pour un transfert vers un État membre de l’Union européenne, comme la Belgique ou le Luxembourg. Le sursis sur demande, avec garanties, ne concerne plus que les transferts vers un État non coopératif ou vers un État hors Union européenne sans accords d’assistance avec la France. Dans ce cas, la demande se dépose sur le formulaire 2074-ETD au plus tard 90 jours avant le transfert. Un dégrèvement efface l’impôt si les titres sont toujours détenus après 2 ans (valeur globale inférieure à 2 570 000 €) ou 5 ans (au-delà). Voir our guide to exit tax and notre article sur le sursis de paiement.
Quelles démarches faire avant et après le départ ?
- Before leaving: créez votre espace Finances publiques si ce n’est pas fait, et signalez votre nouvelle adresse au dernier centre des finances publiques. Prévenez aussi votre employeur ou votre caisse de retraite si vous touchez encore salaires ou pensions.
- Au printemps de l’année suivante : déposez la déclaration de l’année du départ, obligatoire. Elle couvre deux périodes : du 1er janvier au départ (formulaire 2042, revenus étrangers reportés depuis le formulaire 2047), puis du départ au 31 décembre pour les seuls revenus de source française (formulaire 2042-NR).
- Ensuite : si vous gardez des revenus de source française imposables, le service des impôts des particuliers non-résidents (SIP-NR) prend le relais.
- Si vous êtes assujetti à l’IFI : le SIP-NR le gère dès le départ, même sans revenu imposable en France.
- Si vous gardez un bien en France : les impôts locaux restent gérés par le service du lieu de l’immeuble.
- Côté banque : pour payer ses impôts en ligne, il faut un compte en France ou dans la zone SEPA. Informez votre banque de votre changement d’adresse.
Contactez aussi l’administration fiscale du pays d’accueil : certains revenus de source française doivent parfois être déclarés dans les deux pays, selon la convention. Renseignez-vous avant le départ auprès de votre assurance maladie et de votre complémentaire santé. Pour un départ vers la Belgique, voyez notre page sur le départ de France pour la Belgique.
Comment un non-résident est-il imposé en France ?
Un non-résident n’est imposable en France que sur ses revenus de source française : revenus de biens, droits ou activités situés en France, et sommes versées par un débiteur établi en France, comme les pensions ou les rentes. Il ne peut pas déduire de charges de ces revenus. L’administration compare le barème progressif à un taux minimum et retient le résultat le plus élevé. Le taux minimum est de 20 % jusqu’à 29 579 € de revenu et de 30 % au-delà. Vous pouvez demander l’application du taux moyen, calculé sur l’ensemble de vos revenus français et étrangers, s’il est plus favorable.
Exemple : un non-résident dont le revenu net imposable de source française est de 24 000 € paie au moins 20 % x 24 000 € = 4 800 €. Le détail du mécanisme est dans notre article sur le taux minimum des non-résidents.
Quelles erreurs éviter quand on part pour un pays francophone ?
- Choisir sur la langue. Elle facilite la vie quotidienne, pas la fiscalité ni la protection sociale.
- Garder un des trois liens avec la France. Un foyer, une activité principale ou un centre d’intérêts économiques maintenus en France suffisent à rester résident fiscal français.
- Oublier la déclaration de l’année du départ. Elle est obligatoire.
- Oublier l’IFI. Le SIP-NR le gère dès le départ, même sans revenu imposable en France.
- Demander un sursis d’exit tax trop tard. Quand il faut le demander, la demande se dépose au plus tard 90 jours avant le transfert.
- Supposer qu’une convention de sécurité sociale existe. La liste du CLEISS ne cite pas Maurice : vérifiez avant de partir.
Et la retraite, une fois installé ?
La convention fiscale applicable détermine, pays par pays, quel État taxe une pension française. C’est un point à vérifier avant de choisir, surtout pour un projet de retraite. Voir notre page sur la retraite française d’un non-résident and notre comparatif des pays de retraite.
Cas concret : un chef d’entreprise lyonnais qui part pour la Belgique
Situation. Un chef d’entreprise lyonnais de 52 ans, résident fiscal français depuis toujours, détient 100 % de sa société. Les titres valent 1 150 000 € et ont été acquis pour 150 000 €. Il s’installe en Belgique avec sa famille.
Issue. Ses titres dépassent 800 000 € : l’exit tax s’applique. La plus-value latente est de 1 150 000 € – 150 000 € = 1 000 000 €. Au taux forfaitaire de 12,8 % d’impôt sur le revenu, l’impôt calculé atteint 128 000 €, hors prélèvements sociaux.
Strategy. La Belgique est un État de l’Union européenne : le sursis de paiement est automatique. Il déclare la plus-value latente sur le formulaire 2074-ETD avec sa déclaration de revenus de l’année suivante. Il rompt les trois liens avec la France (foyer, activité principale, centre des intérêts économiques) et conserve ses titres.
Result. Aucun euro n’est payé pendant le sursis. Ses titres valent moins de 2 570 000 € : si, deux ans après le départ, il détient toujours ses titres, les 128 000 € sont dégrevés. S’il les vend avant, l’impôt devient exigible. Cas fictif, donné à titre d’illustration.
Cas concret : une dirigeante qui part pour le Luxembourg avec des titres de 2 800 000 €
Situation. Une dirigeante lyonnaise de 47 ans, résidente fiscale française depuis toujours, détient ses titres pour une valeur de 2 800 000 €. Elle les a acquis pour 300 000 €. Elle s’installe au Luxembourg.
Issue. La plus-value latente est de 2 800 000 € – 300 000 € = 2 500 000 €. Au taux forfaitaire de 12,8 %, l’exit tax est de 320 000 €, hors prélèvements sociaux. Comme ses titres dépassent 2 570 000 €, le dégrèvement exige 5 ans de détention, et non 2.
Strategy. Le Luxembourg est un État de l’Union européenne : le sursis de paiement est automatique. Elle déclare la plus-value latente avec le formulaire 2074-ETD, puis suit le sursis chaque année.
Result. Elle ne paie rien pendant 5 ans si elle garde ses titres, et les 320 000 € sont alors dégrevés. Si elle les cède avant, l’impôt devient exigible. Cas fictif, donné à titre d’illustration.
Ce que fait Balmont Conseil
Nous accompagnons les familles et les dirigeants qui préparent leur départ : choix du pays selon les revenus, le patrimoine et la protection sociale, calcul de l’exit tax, rupture de la résidence fiscale française, suivi après le départ. Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, est spécialisé dans la mobilité internationale. Book an appointment pour faire le point sur votre projet.
Questions fréquentes sur l’expatriation dans un pays francophone
Quel est le meilleur pays francophone pour s’expatrier ?
Il n’existe pas de meilleur pays dans l’absolu. Trois questions tranchent : d’où viennent vos revenus, où vivra votre famille, et quelle protection sociale vous couvrira. La langue ne compte que dans la vie quotidienne.
Une convention fiscale avec la France existe-t-elle pour tous ces pays ?
Oui pour la Belgique, le Luxembourg, la Suisse, le Canada, Maurice et le Maroc, d’après la liste des conventions en vigueur au 1er janvier 2026. Une convention évite la double imposition et départage la résidence fiscale.
Garde-t-on sa sécurité sociale française en s’installant à l’étranger ?
En principe non : en expatriation, on relève du régime local obligatoire. Dans un pays sans accord, on peut adhérer à la Caisse des Français de l’étranger ou souscrire une assurance privée. Le détachement est un cas à part.
Quitter la France suffit-il pour devenir non-résident fiscal ?
Non. Si un seul des trois critères reste en France (foyer, activité principale, centre des intérêts économiques), vous restez domicilié fiscalement en France, même installé à l’étranger.
L’exit tax s’applique-t-elle à un départ vers la Belgique ou le Luxembourg ?
Oui, si les conditions de résidence et de seuil sont remplies. Le sursis de paiement est alors automatique, car ces deux pays sont membres de l’Union européenne.
Faut-il prévenir les impôts avant de quitter la France ?
Oui. Signalez votre nouvelle adresse au dernier centre des finances publiques depuis votre espace en ligne. La déclaration de l’année du départ est obligatoire et se dépose au printemps de l’année suivante.
Comment est imposé un non-résident qui garde des revenus en France ?
Uniquement sur ses revenus de source française, au barème progressif ou au taux minimum de 20 % jusqu’à 29 579 € et de 30 % au-delà, le plus élevé des deux étant retenu. Le taux moyen peut être demandé s’il est plus favorable.
Le sursis de paiement de l’exit tax est-il toujours automatique ?
Non. Il se demande, avec garanties, pour un transfert vers un État non coopératif ou un État hors Union européenne sans accords d’assistance avec la France. La demande se dépose 90 jours avant le transfert.
Sources: « Je pars vivre à l’étranger, quelles démarches dois-je accomplir ? » (impots.gouv.fr, page mise à jour le 25 juin 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Impôt sur le revenu d’un Français qui part vivre ou travailler à l’étranger » (service-public.gouv.fr, vérifié le 15 avril 2026, consulté le 31 octobre 2026) ; « Résident de France » (impots.gouv.fr, page modifiée le 27 janvier 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; « Je quitte la France, suis-je concerné par l’exit tax ? » (impots.gouv.fr, page modifiée le 10 mars 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; notice de la déclaration 2074-ETD (impots.gouv.fr, consultée le 30 octobre 2026) ; « Liste des conventions fiscales conclues par la France », BOI-ANNX-000306, version du 29 avril 2026 (bofip.impots.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026) ; « Accords de sécurité sociale » et « Expatriation », foires aux questions (cleiss.fr, consultées le 30 octobre 2026).










