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Au 31 octobre 2026, créer une holding consiste à fonder une société, le plus souvent une SAS, qui détient les titres de votre entreprise. Son intérêt est financier : les dividendes qu’elle reçoit de sa filiale sont exonérés à 95 % (article 216 du CGI), alors qu’ils sont taxés à 31,4 % s’ils sont versés à vous directement.

Pourquoi créer une holding, et pour qui ?

Une holding ne réduit pas votre impôt par magie. Elle change l’endroit où l’argent reste. Quand votre société d’exploitation verse un dividende à une personne physique, il est taxé au prélèvement forfaitaire unique, soit 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux). Quand il est versé à une holding qui remplit les conditions du régime mère-fille, il est presque entièrement exonéré.

Elle devient utile dans quatre situations :

  • Vous ne dépensez pas tous les bénéfices distribuables et vous voulez les placer sans les avoir taxés au préalable.
  • Vous préparez la vente de votre entreprise : l’apport de vos titres à une holding permet de placer la plus-value en report d’imposition (article 150-0 B ter du CGI) sous conditions de réinvestissement.
  • Vous voulez racheter une autre société en finançant l’achat par la holding, comme nous le détaillons dans notre page sur la holding de reprise.
  • Vous préparez la transmission à vos enfants, avec une société qui regroupe les titres.

Si vous distribuez en dividendes tout ce que vous gagnez pour vivre, une holding vous coûtera plus qu’elle ne rapporte.

Comment créer une holding, étape par étape ?

Les étapes sont celles de toute création de société, d’après le site Entreprendre.Service-Public.fr :

  1. Choisir la forme juridique (SAS, SASU, SARL ou EURL).
  2. Fixer la dénomination et le siège social. Sans domiciliation, l’immatriculation est impossible.
  3. Déposer le capital auprès d’une banque ou d’un notaire, qui remet une attestation de dépôt.
  4. Nommer le dirigeant, dans les statuts ou par un acte séparé.
  5. Rédiger et signer les statuts. La société est formée à la signature.
  6. Publier un avis de constitution dans un support d’annonces légales, avant l’immatriculation.
  7. S’immatriculer au guichet unique des formalités des entreprises : vous recevez un SIREN, un SIRET et un code APE. La déclaration des bénéficiaires effectifs est obligatoire.

Ensuite, il reste à faire entrer les titres de votre entreprise dans la holding : soit vous les bring à la holding contre des titres de la holding, soit la holding les achète avec un emprunt. Ce choix détermine la fiscalité de l’opération ; il se prépare avant la signature des statuts.

SAS, SASU ou SARL : quelle forme pour une holding ?

PointSAS / SASUSARL / EURL
Capital minimumAucun montant fixé par la loiLibrement fixé par les statuts
Libération à la création50 % minimum20 % minimum
Solde du capitalDans les 5 ans de l’immatriculationDans les 5 ans de l’immatriculation
StatutesTrès libres : le fonctionnement est fixé par vousCadre plus encadré par la loi
TaxIS par principeIS par principe

La SAS est la forme la plus utilisée pour une holding parce que ses statuts permettent d’organiser librement la direction, l’entrée d’associés et les clauses de sortie. Le statut social du dirigeant n’est pas le même selon la forme : voyez notre comparaison gérant de SARL ou président de SAS et celle de la SASU et de l’EURL.

Quelles conditions pour que les dividendes soient exonérés ?

C’est le régime des sociétés mères et filiales. Il s’applique si la holding remplit ces conditions, d’après le BOFiP :

  • Détenir au moins 5 % du capital de la filiale, mesuré à la date de paiement du dividende.
  • Conserver les titres au moins deux ans. Si vous les vendez avant, l’exonération est perdue et l’impôt dû doit être payé dans les trois mois de la vente.
  • Détenir les titres en pleine propriété ou en nue-propriété, et non en simple usufruit.
  • Être soumis à l’impôt sur les sociétés au taux normal.

L’exonération n’est pas totale : une quote-part de frais et charges de 5 % du dividende reste imposable à l’impôt sur les sociétés. Avec un taux normal de 25 %, l’impôt effectif sur un dividende est de 1,25 %. Notre page sur le régime mère-fille et l’intégration fiscale détaille ces mécanismes.

Quel taux d’impôt sur les sociétés pour la holding elle-même ?

Le taux normal de l’impôt sur les sociétés est de 25 %. Un taux réduit de 15 % s’applique aux 42 500 premiers euros de bénéfice, au-delà de quoi le taux de 25 % reprend. Il est réservé aux sociétés dont le chiffre d’affaires est de 10 millions d’euros au plus et dont le capital, entièrement libéré, est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques (ou par une société elle-même détenue à 75 % par des personnes physiques). Une holding détenue en direct par son fondateur peut donc remplir ces conditions. Dans ce cas, la quote-part de frais et charges de 7 500 € du cas ci-dessous est taxée à 15 % tant que le bénéfice reste sous 42 500 €, soit 1 125 € au lieu de 1 875 €.

Combien coûte une holding ?

Le coût n’est pas fixé par la loi. Il se compose de frais ponctuels (publication de l’annonce légale, dont le prix dépend du support, formalités d’immatriculation, rédaction des statuts) et surtout de frais annuels : comptabilité, bilan, liasse fiscale, dépôt des comptes. Ces frais sont fixes, donc une holding est d’autant plus rentable que les sommes qu’elle reçoit sont élevées. Faites-les chiffrer par votre expert-comptable avant de vous engager.

À partir de quel dividende une holding devient-elle rentable ?

Chaque euro de dividende laissé dans la holding est taxé 1,25 % au lieu de 31,4 %, soit 30,15 points d’impôt en moins. Le calcul ci-dessous retient une hypothèse de 3 000 € de frais annuels de holding, à faire confirmer par votre expert-comptable. Il compare le dividende conservé à la holding et à titre personnel, avant tout retrait.

Dividende annuelImpôt en direct (31,4 %)Impôt via la holding (1,25 %)Gain net après 3 000 € de frais
€10,000€3,140€125€15
€25,000€7,850€313€4,538
€50,000€15,700€625€12,075
€100,000€31,400€1,250€27,150
€300,000€94,200€3,750€87,450

Avec ces hypothèses, la holding couvre ses frais à partir d’environ 9 950 € de dividendes laissés dans la structure chaque année (3 000 € divisés par 30,15 %). En dessous de 10 000 €, elle ne rapporte rien. Au-delà de 25 000 €, l’écart devient net.

Quels pièges éviter avec une holding ?

  • Confondre exonération et suppression de l’impôt. L’argent qui reste dans la holding n’est pas taxé à 31,4 % ; dès que vous le retirez à titre personnel, il l’est.
  • Apporter les titres sans préparer la vente. Pour les cessions réalisées depuis le 21 février 2026, la loi de finances pour 2026 a durci le report 150-0 B ter : réinvestissement porté de 60 % à 70 % du prix, dans un délai passé de 2 à 3 ans, avec des activités éligibles plus restreintes.
  • Créer une holding purement passive alors que vous pourriez la rendre animatrice, ce qui change les règles de transmission : voyez notre page sur la holding animator.
  • Dépasser les seuils de la nouvelle taxe sur les holdings. L’article 235 ter C du CGI taxe à 20 % certains biens non professionnels (yacht, bijoux, vins, résidences) pour les holdings d’au moins 5 millions d’euros d’actifs, détenues à plus de 50 % par une personne physique et dont les revenus passifs dépassent 50 % des produits. Elle s’applique aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026.

Pour la vue d’ensemble du sujet, voyez notre page sur la asset holding company. Une fois les dividendes remontés, la question suivante est celle de leur placement : notre article sur l’excédent de trésorerie d’une holding en détaille les solutions, et celui sur le choix d’un conseiller pour un apport-cession couvre le cas de la vente de l’entreprise.

Cas concret : un dirigeant de 52 ans qui laisse 150 000 € dans sa structure

Situation. Thierry, chef d’entreprise lyonnais de 52 ans, détient 100 % de sa SAS d’exploitation. Elle peut lui distribuer 150 000 € de dividendes cette année. Thierry vit de sa rémunération et n’a pas besoin de cet argent.

Issue. En dividende direct, le prélèvement forfaitaire de 31,4 % représente 47 100 €. Il lui reste 102 900 € à placer.

Strategy. Thierry crée une SAS holding, lui apporte ses titres et fait verser le dividende à la holding. La quote-part de frais et charges est de 5 % : 7 500 €, imposés à 25 %, soit 1 875 € d’impôt sur les sociétés.

Result. La holding garde 148 125 € à investir, contre 102 900 € à titre personnel : 45 225 € de plus, soit 44 % de capital supplémentaire à placer. Si la holding coûte 3 000 € par an en frais (hypothèse), l’avantage tombe à 42 225 €. Mais la holding ne supprime pas l’impôt : si Thierry retirait ensuite toute la somme à titre personnel, il toucherait 101 614 €, soit un peu moins qu’en dividende direct. L’avantage tient au réinvestissement sans taxe préalable. Cas fictif, donné à titre d’illustration.

Second cas : une holding qui ne sert à rien

Situation. Claire, 45 ans, dirige une SAS à Villeurbanne. Sa société peut lui verser 60 000 € de dividendes par an, et elle les dépense tous pour vivre.

Issue. Elle envisage une holding pour « payer moins d’impôt ». Les dividendes remonteraient d’abord à la holding, puis Claire les retirerait.

Strategy. Nous comparons les deux circuits. En direct, 60 000 € sont taxés à 31,4 % : il reste 41 160 €. Via la holding, la quote-part de frais et charges de 3 000 € (5 %) est taxée à 25 % : 750 € d’impôt. La holding verse ensuite 59 250 € à Claire, taxés à 31,4 % : il lui reste 40 645,50 €.

Result. Claire touche 40 645,50 € via la holding, contre 41 160 € en direct : 514,50 € de moins avant même les 3 000 € de frais annuels, soit 3 514,50 € perdus par an. La holding ne sert que si l’argent reste investi. Quand tout est dépensé, elle coûte. Cas fictif, donné à titre d’illustration.

Ce que fait Balmont Conseil

Nous vérifions d’abord si une holding est utile dans votre situation : montants distribuables, projets de cession ou de transmission, besoins personnels. Si c’est le cas, nous organisons avec votre expert-comptable et votre avocat la forme, l’apport ou le rachat des titres et le placement des sommes remontées dans la holding. Prenez rendez-vous avec Alexis Sagnier pour chiffrer votre cas avant de créer la société.

Frequently asked questions

Quel capital pour créer une holding ?

La loi ne fixe aucun montant minimum pour une SAS. Pour une SAS ou une SASU, 50 % du capital doit être versé à la création, le solde dans les 5 ans. Le capital est souvent constitué par l’apport des titres de l’entreprise.

Faut-il passer par un notaire pour créer une holding ?

Pas obligatoirement. Les statuts peuvent être rédigés sans notaire, et le capital se dépose auprès d’une banque ou d’un notaire. L’immatriculation se fait au guichet unique des formalités des entreprises.

À partir de quel montant une holding est-elle rentable ?

Il n’existe pas de seuil légal. Elle est rentable quand les dividendes laissés dans la structure dépassent largement les frais fixes annuels et que vous n’avez pas besoin de cet argent à titre personnel. Avec 3 000 € de frais annuels, le seuil de rentabilité est d’environ 9 950 € de dividendes par an.

Une holding permet-elle de ne pas payer d’impôt sur les dividendes ?

Non, elle le reporte. Les dividendes reçus par la holding sont exonérés à 95 %, mais ceux que vous en retirez à titre personnel sont taxés comme tout dividende, à 31,4 % au prélèvement forfaitaire unique en 2026.

Peut-on créer une holding quand on est associé minoritaire ?

Oui, mais le régime mère-fille suppose au moins 5 % du capital de la filiale. Sous ce seuil, les dividendes reçus par la holding sont imposés à l’impôt sur les sociétés, sans exonération à 95 %.

Peut-on créer une holding seul ?

Oui. La SASU et l’EURL sont les versions à associé unique de la SAS et de la SARL. Un fondateur qui détient seul sa société d’exploitation peut donc en détenir seul la holding.

La holding est-elle soumise à l’impôt sur les sociétés ?

Oui, par principe. Le taux normal est de 25 %. Un taux de 15 % s’applique aux 42 500 premiers euros de bénéfice si la société respecte les conditions de chiffre d’affaires et de détention du capital par des personnes physiques.

Sources: « Comment créer une société » (entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 12 septembre 2025, consultée le 30 octobre 2026) ; « Dépôt du capital social » (entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 20 octobre 2025, consultée le 30 octobre 2026) ; « SAS » (bpifrance-creation.fr, consultée le 30 octobre 2026) ; « Impôt sur les sociétés » (fiche F23575, entreprendre.service-public.gouv.fr, vérifiée le 17 février 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; BOI-IS-BASE-10-10-10-20, version du 3 juin 2020, et BOI-IS-BASE-10-10-10-10 (bofip.impots.gouv.fr, consultés le 30 octobre 2026) ; article 216 du CGI (legifrance.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026) ; « Évolution du prélèvement forfaitaire unique » (entreprendre.service-public.gouv.fr, consultée le 30 octobre 2026) ; « Prélèvements sociaux (CSG, CRDS…) sur les revenus du patrimoine et de placements » (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 30 juin 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; BOFiP « Aménagements du report d’imposition 150-0 B ter » (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 11, bofip.impots.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026) ; article 235 ter C du CGI (legifrance.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026).

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

With nearly 14 years of expertise in financial engineering, Alexis Sagnier assists executives and expatriates in securing their cross-border challenges.
Founder of Balmont Conseil in 2013, he calculates the cost of each recommendation in euros (tax, fees, transfer) before any decision is made.
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