{"id":8283,"date":"2026-11-01T12:59:01","date_gmt":"2026-11-01T11:59:01","guid":{"rendered":"https:\/\/balmontconseil.com\/?p=8283"},"modified":"2026-11-01T12:59:01","modified_gmt":"2026-11-01T11:59:01","slug":"quasi-usufruit-succession","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/balmontconseil.com\/en\/blog\/quasi-usufruit-succession\/","title":{"rendered":"Quasi-usufruit en succession : fonctionnement et fiscalit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le quasi-usufruit permet \u00e0 l&rsquo;usufruitier de d\u00e9penser les sommes d&rsquo;argent re\u00e7ues, \u00e0 charge de restituer une somme \u00e9quivalente au nu-propri\u00e9taire \u00e0 la fin de l&rsquo;usufruit (article 587 du Code civil). Au 30 octobre 2026, la cr\u00e9ance de restitution est d\u00e9ductible de la succession du conjoint survivant qui a opt\u00e9 pour l&rsquo;usufruit ; elle ne l&rsquo;est plus, pour les successions ouvertes depuis le 29 d\u00e9cembre 2023, quand l&rsquo;usufruit d&rsquo;une somme d&rsquo;argent a \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9 par donation (article 774 bis du CGI).<\/strong><\/p>\n<h2>Qu&rsquo;est-ce que le quasi-usufruit, concr\u00e8tement ?<\/h2>\n<p>L&rsquo;usufruit ordinaire donne le droit d&rsquo;user d&rsquo;un bien et d&rsquo;en percevoir les revenus, \u00e0 charge de le conserver pour le rendre. Cela fonctionne pour un appartement. Cela ne fonctionne pas pour de l&rsquo;argent : on ne peut pas utiliser une somme sans la d\u00e9penser.<\/p>\n<p>L&rsquo;article 587 du Code civil r\u00e8gle ce cas. L&rsquo;usufruitier peut utiliser les biens qui se consomment \u00e0 l&rsquo;usage, comme des sommes d&rsquo;argent. \u00c0 la fin de l&rsquo;usufruit, il doit restituer des biens \u00e9quivalents en quantit\u00e9 et en qualit\u00e9, ou leur valeur \u00e0 la date de restitution (L\u00e9gifrance, consult\u00e9 le 30 octobre 2026). Pour une somme d&rsquo;argent, la restitution porte sur une somme \u00e9quivalente. En pratique, l&rsquo;usufruitier devient propri\u00e9taire des fonds et le nu-propri\u00e9taire n&rsquo;a plus qu&rsquo;une cr\u00e9ance contre lui, puis contre sa succession.<\/p>\n<p>Ce m\u00e9canisme n&rsquo;est pas r\u00e9serv\u00e9 aux comptes bancaires. On l&rsquo;applique \u00e0 toute somme dont l&rsquo;usufruitier a la libre disposition. Le point cl\u00e9 \u00e0 retenir : le nu-propri\u00e9taire n&rsquo;a plus de droit sur un bien pr\u00e9cis, mais sur un montant \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer.<\/p>\n<h2>Quasi-usufruit ou usufruit ordinaire : qu&rsquo;est-ce qui change pour chacun ?<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Point<\/th>\n<th>Usufruit ordinaire<\/th>\n<th>Quasi-usufruit<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Bien concern\u00e9<\/td>\n<td>Un bien qui se conserve (appartement, titres)<\/td>\n<td>Un bien qui se consomme \u00e0 l&rsquo;usage (somme d&rsquo;argent)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ce que peut faire l&rsquo;usufruitier<\/td>\n<td>Use the asset and collect the income from it<\/td>\n<td>D\u00e9penser les sommes sans l&rsquo;accord du nu-propri\u00e9taire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ce qu&rsquo;il doit rendre<\/td>\n<td>Le bien lui-m\u00eame<\/td>\n<td>Une somme \u00e9quivalente, ou la valeur \u00e0 la date de restitution<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ce que d\u00e9tient le nu-propri\u00e9taire<\/td>\n<td>Un droit sur le bien<\/td>\n<td>Une cr\u00e9ance de restitution<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h2>Dans quelles situations le quasi-usufruit appara\u00eet-il en succession ?<\/h2>\n<p>Le cas le plus fr\u00e9quent est celui du conjoint survivant. Quand le d\u00e9funt laisse des enfants tous communs avec son conjoint, celui-ci choisit entre deux options (service-public.gouv.fr, consult\u00e9e le 30 octobre 2026) :<\/p>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Option du conjoint survivant<\/th>\n<th>What he receives<\/th>\n<th>Ce que re\u00e7oivent les enfants<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Usufruit de toute la succession<\/td>\n<td>L&rsquo;usufruit des biens, dont le quasi-usufruit des sommes d&rsquo;argent<\/td>\n<td>La nue-propri\u00e9t\u00e9<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Un quart en pleine propri\u00e9t\u00e9<\/td>\n<td>25 % des biens en pleine propri\u00e9t\u00e9<\/td>\n<td>Les trois quarts restants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Si certains enfants ne sont pas communs, le conjoint re\u00e7oit un quart en pleine propri\u00e9t\u00e9. Il dispose de 3 mois pour r\u00e9pondre \u00e0 une demande \u00e9crite d&rsquo;un h\u00e9ritier ; sans r\u00e9ponse, il est r\u00e9put\u00e9 avoir choisi l&rsquo;usufruit de la totalit\u00e9. Pour comparer les deux options, consultez notre page sur l&rsquo;<a href=\"\/en\/usufruit-du-conjoint-survivant-rente-ou-capital\/\">usufruit du conjoint survivant<\/a>.<\/p>\n<p>Le quasi-usufruit existe aussi quand les parents donnent \u00e0 leurs enfants la nue-propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;une somme d&rsquo;argent en gardant l&rsquo;usufruit. C&rsquo;est ici que la loi a chang\u00e9.<\/p>\n<h2>Quels d\u00e9lais le conjoint et les enfants doivent-ils respecter ?<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Trois mois<\/strong> pour que le conjoint r\u00e9ponde \u00e0 la demande \u00e9crite d&rsquo;un h\u00e9ritier.<\/li>\n<li><strong>Six mois<\/strong> \u00e0 compter du d\u00e9c\u00e8s pour d\u00e9poser la d\u00e9claration de succession si le d\u00e9c\u00e8s a eu lieu en France m\u00e9tropolitaine, douze mois \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, avec un int\u00e9r\u00eat de retard de 0,20 % par mois (service-public.gouv.fr, fiche F80, page v\u00e9rifi\u00e9e le 29 janvier 2025).<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Comment les enfants sont-ils tax\u00e9s quand le conjoint garde l&rsquo;usufruit ?<\/h2>\n<p>Le conjoint mari\u00e9 ou le partenaire de Pacs est exon\u00e9r\u00e9 de droits de succession. Les enfants sont tax\u00e9s sur la valeur de la nue-propri\u00e9t\u00e9, calcul\u00e9e selon l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;usufruitier (article 669 du CGI, version en vigueur au 28 octobre 2026) :<\/p>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Age of the usufructuary<\/th>\n<th>Usufruct<\/th>\n<th>Bare ownership<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Under 21 years old<\/td>\n<td>90%<\/td>\n<td>10%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>21 \u00e0 30 ans<\/td>\n<td>80%<\/td>\n<td>20%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>31 \u00e0 40 ans<\/td>\n<td>70%<\/td>\n<td>30%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>41 \u00e0 50 ans<\/td>\n<td>60%<\/td>\n<td>40%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>51 \u00e0 60 ans<\/td>\n<td>50%<\/td>\n<td>50%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>61 \u00e0 70 ans<\/td>\n<td>40%<\/td>\n<td>60%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>71 \u00e0 80 ans<\/td>\n<td>30%<\/td>\n<td>70%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>81 \u00e0 90 ans<\/td>\n<td>20%<\/td>\n<td>80%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>91 years and older<\/td>\n<td>10%<\/td>\n<td>90%<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Plus le conjoint est \u00e2g\u00e9, plus la nue-propri\u00e9t\u00e9 tax\u00e9e est \u00e9lev\u00e9e. Le bar\u00e8me en ligne directe s&rsquo;applique ensuite apr\u00e8s 100 000 \u20ac d&rsquo;abattement par enfant, de 5 % \u00e0 45 % (service-public.gouv.fr, page v\u00e9rifi\u00e9e le 9 f\u00e9vrier 2026). Pour la m\u00e9canique du bar\u00e8me, voyez notre page sur la <a href=\"\/en\/valeur-usufruit-nue-propriete-article-669\/\">valeur de l&rsquo;usufruit et de la nue-propri\u00e9t\u00e9<\/a>.<\/p>\n<h2>La cr\u00e9ance de restitution est-elle d\u00e9ductible au d\u00e9c\u00e8s du conjoint ?<\/h2>\n<p>Oui, c&rsquo;est le point qui \u00e9vite une double taxation. Le BOFiP (BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20, version du 26 septembre 2024) distingue deux r\u00e8gles.<\/p>\n<ul>\n<li>L&rsquo;article 773, 2\u00b0 du CGI \u00e9carte les dettes consenties par le d\u00e9funt \u00e0 ses h\u00e9ritiers, pr\u00e9sum\u00e9es fictives, sauf acte authentique ou acte ayant date certaine avant le d\u00e9c\u00e8s. Cette r\u00e8gle ne vise que les dettes d&rsquo;origine contractuelle, pas celles issues d&rsquo;un quasi-usufruit de l&rsquo;article 587 du Code civil (\u00a7 60).<\/li>\n<li>Le cas du conjoint qui a opt\u00e9 pour l&rsquo;usufruit (article 757 du Code civil) fait partie des situations o\u00f9 la dette de restitution reste d\u00e9ductible (\u00a7 270).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Concr\u00e8tement, la somme \u00e0 restituer aux enfants s&rsquo;ajoute au passif de la succession du conjoint. Les enfants ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 tax\u00e9s au premier d\u00e9c\u00e8s sur la nue-propri\u00e9t\u00e9 : ils ne le sont pas une seconde fois sur la m\u00eame somme.<\/p>\n<h2>Qu&rsquo;a chang\u00e9 la loi de finances pour 2024 sur le quasi-usufruit ?<\/h2>\n<p>Pour les successions ouvertes \u00e0 compter du 29 d\u00e9cembre 2023 (loi n\u00b0 2023-1322, article 26), l&rsquo;article 774 bis du CGI interdit de d\u00e9duire les dettes de restitution portant sur une somme d&rsquo;argent dont le d\u00e9funt s&rsquo;\u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 l&rsquo;usufruit. Sont vis\u00e9es la donation de la nue-propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;une somme d&rsquo;argent avec r\u00e9serve d&rsquo;usufruit, et la cession d&rsquo;un bien d\u00e9membr\u00e9 avec report de l&rsquo;usufruit sur le prix. La dette n&rsquo;est pas d\u00e9duite de l&rsquo;actif : elle est tax\u00e9e entre les mains du seul nu-propri\u00e9taire, selon son lien de parent\u00e9 avec l&rsquo;usufruitier. Les droits de donation pay\u00e9s s&rsquo;imputent sur les droits de succession.<\/p>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Situation<\/th>\n<th>Cr\u00e9ance de restitution au d\u00e9c\u00e8s<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Conjoint ayant opt\u00e9 pour l&rsquo;usufruit (article 757 du Code civil)<\/td>\n<td>D\u00e9ductible<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Donation de la nue-propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;une somme d&rsquo;argent, usufruit r\u00e9serv\u00e9<\/td>\n<td>Non d\u00e9ductible, tax\u00e9e chez le nu-propri\u00e9taire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cession d&rsquo;un bien d\u00e9membr\u00e9, usufruit report\u00e9 sur le prix<\/td>\n<td>Non d\u00e9ductible en principe ; d\u00e9ductible si l&rsquo;absence d&rsquo;objectif principalement fiscal est prouv\u00e9e<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Usufruit report\u00e9 sur des valeurs mobili\u00e8res ou un contrat de capitalisation<\/td>\n<td>Pas de cr\u00e9ance sur une somme d&rsquo;argent<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>La preuve de l&rsquo;absence d&rsquo;objectif principalement fiscal incombe au contribuable. L&rsquo;administration regarde le temps \u00e9coul\u00e9 entre le d\u00e9membrement et la cession, les motivations patrimoniales (par exemple financer un h\u00e9bergement) et la libert\u00e9 de l&rsquo;usufruitier de choisir le remploi. Le sch\u00e9ma qui consistait \u00e0 donner la nue-propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;un capital pour faire d\u00e9duire la dette \u00e0 son d\u00e9c\u00e8s n&rsquo;a plus l&rsquo;effet recherch\u00e9 pour les successions ouvertes depuis cette date.<\/p>\n<h2>Quels risques le quasi-usufruit fait-il courir aux enfants ?<\/h2>\n<p>Le quasi-usufruit donne au conjoint une vraie libert\u00e9 : il peut utiliser les sommes sans demander l&rsquo;accord des enfants. En contrepartie, les enfants ne disposent que d&rsquo;une cr\u00e9ance. Si le conjoint d\u00e9pense ou perd les fonds, la cr\u00e9ance se paie sur sa succession, dans la limite de ce qu&rsquo;elle contient. Trois pr\u00e9cautions s&rsquo;imposent :<\/p>\n<ul>\n<li>faire figurer dans la d\u00e9claration de succession le montant des sommes concern\u00e9es, pour que la cr\u00e9ance soit chiffr\u00e9e ;<\/li>\n<li>suivre l&rsquo;\u00e9volution du patrimoine du conjoint, car la cr\u00e9ance se paie sur son actif ;<\/li>\n<li>arbitrer entre l&rsquo;usufruit total et le quart en pleine propri\u00e9t\u00e9 selon la composition du patrimoine, et non selon un r\u00e9flexe.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour aller plus loin sur les m\u00e9canismes de d\u00e9membrement, lisez notre article sur le <a href=\"\/en\/blog\/deces-de-l-usufruitier-reunion-usufruit-nue-propriete-droits\/\">d\u00e9c\u00e8s de l&rsquo;usufruitier<\/a>, celui sur la <a href=\"\/en\/blog\/clause-beneficiaire-demembree-proteger-le-conjoint-et-deduire-600-000-e-au-second-deces\/\">clause b\u00e9n\u00e9ficiaire d\u00e9membr\u00e9e<\/a> et notre page sur le <a href=\"\/en\/ingenierie-patrimoniale\/demembrement-de-propriete\/\">division of ownership<\/a>.<\/p>\n<h2>Cas concret : une veuve de 72 ans et 400 000 \u20ac de liquidit\u00e9s<\/h2>\n<p><strong>Situation.<\/strong> Madame Roche, 72 ans, vit \u00e0 Lyon. Son mari d\u00e9c\u00e8de en laissant 800 000 \u20ac : une r\u00e9sidence principale de 400 000 \u20ac et 400 000 \u20ac de liquidit\u00e9s et de placements. Ils ont deux enfants communs.<\/p>\n<p><strong>Issue.<\/strong> Elle doit choisir entre l&rsquo;usufruit de toute la succession et un quart en pleine propri\u00e9t\u00e9, sachant qu&rsquo;elle veut pouvoir utiliser les liquidit\u00e9s sans demander l&rsquo;avis de personne, et que ses enfants ne doivent pas \u00eatre tax\u00e9s deux fois.<\/p>\n<p><strong>Strategy.<\/strong> Elle opte pour l&rsquo;usufruit total. \u00c0 72 ans, la nue-propri\u00e9t\u00e9 vaut 70 % : 560 000 \u20ac, soit 280 000 \u20ac par enfant, donc 180 000 \u20ac taxables apr\u00e8s abattement. Les droits sont de 34 194,35 \u20ac par enfant, 68 388,70 \u20ac au total. Avec un quart en pleine propri\u00e9t\u00e9, les enfants recevraient 300 000 \u20ac chacun, soit 200 000 \u20ac taxables et 38 194,35 \u20ac de droits chacun, 76 388,70 \u20ac au total : l&rsquo;usufruit total co\u00fbte 8 000 \u20ac de moins.<\/p>\n<p><strong>Result.<\/strong> Quinze ans plus tard, elle a d\u00e9pens\u00e9 80 000 \u20ac des liquidit\u00e9s en soins et en voyages. \u00c0 son d\u00e9c\u00e8s, son actif brut est de 420 000 \u20ac (320 000 \u20ac de liquidit\u00e9s restantes et 100 000 \u20ac de biens propres). La cr\u00e9ance de restitution de 400 000 \u20ac est d\u00e9duite : l&rsquo;actif net est de 20 000 \u20ac, soit 10 000 \u20ac par enfant, et les droits sont nuls. Si la cr\u00e9ance n&rsquo;\u00e9tait pas d\u00e9ductible, les enfants paieraient 40 388,70 \u20ac de droits sur des sommes d\u00e9j\u00e0 tax\u00e9es \u00e0 la nue-propri\u00e9t\u00e9. Hypoth\u00e8ses : valeurs constantes, pas d&rsquo;autre donation.<\/p>\n<h2>Second cas concret : 200 000 \u20ac donn\u00e9s en nue-propri\u00e9t\u00e9 par un p\u00e8re de 68 ans<\/h2>\n<p><strong>Situation.<\/strong> Monsieur Vidal, 68 ans, veuf, a deux enfants. Il donne \u00e0 sa fille la nue-propri\u00e9t\u00e9 de 200 000 \u20ac de liquidit\u00e9s et garde l&rsquo;usufruit de la somme. Il n&rsquo;a fait aucun don depuis plus de 15 ans.<\/p>\n<p><strong>Issue.<\/strong> Il veut aider sa fille, garder la libre disposition de l&rsquo;argent et payer le moins de droits possible.<\/p>\n<p><strong>Strategy.<\/strong> \u00c0 68 ans, la nue-propri\u00e9t\u00e9 vaut 60 % (article 669 du CGI) : 120 000 \u20ac. Apr\u00e8s l&rsquo;abattement de 100 000 \u20ac, la base taxable est de 20 000 \u20ac, soit 2 194 \u20ac de droits. Une donation de la pleine propri\u00e9t\u00e9 de 200 000 \u20ac aurait \u00e9t\u00e9 tax\u00e9e sur 100 000 \u20ac, soit 18 194 \u20ac de droits.<\/p>\n<p><strong>Result.<\/strong> L&rsquo;\u00e9conomie de droits \u00e0 la donation est de 16 000 \u20ac. Elle n&rsquo;est pas d\u00e9finitive : pour une succession ouverte depuis le 29 d\u00e9cembre 2023, la cr\u00e9ance de restitution de 200 000 \u20ac n&rsquo;est pas d\u00e9duite de l&rsquo;actif de Monsieur Vidal (article 774 bis du CGI) et elle est tax\u00e9e chez sa fille, les droits de donation pay\u00e9s s&rsquo;imputant sur les droits de succession. L&rsquo;\u00e9conomie de 16 000 \u20ac se compare donc \u00e0 cette taxation avant de signer. Hypoth\u00e8ses : abattement enti\u00e8rement disponible, aucune autre donation.<\/p>\n<h2>Ce que fait Balmont Conseil<\/h2>\n<p>Nous chiffrons chaque option du conjoint survivant avant qu&rsquo;elle soit exerc\u00e9e : droits au premier d\u00e9c\u00e8s, cr\u00e9ance de restitution, situation des enfants au second d\u00e9c\u00e8s. Nous articulons ensuite le quasi-usufruit avec l&rsquo;assurance-vie, la clause b\u00e9n\u00e9ficiaire et les donations. <a href=\"\/en\/contact\/\">Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil<\/a> pour pr\u00e9parer cette d\u00e9cision avec votre notaire.<\/p>\n<h2>Frequently asked questions<\/h2>\n<h3>Quelle diff\u00e9rence entre usufruit et quasi-usufruit ?<\/h3>\n<p>L&rsquo;usufruit porte sur un bien qui se conserve, que l&rsquo;on rend en nature. Le quasi-usufruit porte sur des biens qui se consomment, comme une somme d&rsquo;argent : l&rsquo;usufruitier peut les d\u00e9penser et doit restituer une somme \u00e9quivalente (article 587 du Code civil).<\/p>\n<h3>Le quasi-usufruit est-il imposable ?<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;est pas tax\u00e9 en lui-m\u00eame. Les droits portent sur la nue-propri\u00e9t\u00e9 transmise, \u00e9valu\u00e9e selon le bar\u00e8me de l&rsquo;article 669 du CGI. Au d\u00e9c\u00e8s de l&rsquo;usufruitier, la cr\u00e9ance de restitution est d\u00e9ductible si le conjoint avait opt\u00e9 pour l&rsquo;usufruit, mais pas apr\u00e8s une donation avec r\u00e9serve d&rsquo;usufruit.<\/p>\n<h3>Le conjoint survivant peut-il d\u00e9penser l&rsquo;argent sans l&rsquo;accord des enfants ?<\/h3>\n<p>Oui, s&rsquo;il a opt\u00e9 pour l&rsquo;usufruit et que les sommes sont en quasi-usufruit. Il devient propri\u00e9taire des fonds, \u00e0 charge de restituer une somme \u00e9quivalente \u00e0 son d\u00e9c\u00e8s. Les enfants n&rsquo;ont pas de droit de regard sur l&rsquo;usage de l&rsquo;argent.<\/p>\n<h3>Que devient la cr\u00e9ance si le conjoint a tout d\u00e9pens\u00e9 ?<\/h3>\n<p>Elle se paie sur sa succession, dans la limite de l&rsquo;actif disponible. Si l&rsquo;actif est inf\u00e9rieur \u00e0 la cr\u00e9ance, les enfants ne r\u00e9cup\u00e8rent que ce qu&rsquo;il contient. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de suivre le patrimoine du conjoint et de chiffrer la cr\u00e9ance d\u00e8s le premier d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<h3>L&rsquo;article 774 bis du CGI s&rsquo;applique-t-il \u00e0 tous les quasi-usufruits ?<\/h3>\n<p>Non. Le BOFiP exclut l&rsquo;usufruit choisi par le conjoint survivant (article 757 du Code civil), les dispositions entre \u00e9poux et certains cas o\u00f9 l&rsquo;usufruitier n&rsquo;a pas pris l&rsquo;initiative de la cession. Il vise surtout les donations avec r\u00e9serve d&rsquo;usufruit.<\/p>\n<h3>Combien vaut la nue-propri\u00e9t\u00e9 selon l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;usufruitier ?<\/h3>\n<p>Le bar\u00e8me de l&rsquo;article 669 du CGI la fixe de 10 % (usufruitier de moins de 21 ans) \u00e0 90 % (91 ans et plus). \u00c0 72 ans, l&rsquo;usufruit vaut 30 % et la nue-propri\u00e9t\u00e9 70 %.<\/p>\n<p>Sources : article 587 du Code civil (legifrance.gouv.fr, consult\u00e9 le 30 octobre 2026) ; article 669 du CGI (legifrance.gouv.fr, version en vigueur au 28 octobre 2026, consult\u00e9 le 30 octobre 2026 ; BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-40-10-50 et notaires.fr, \u00ab Comprendre l&rsquo;usufruit \u00bb, consult\u00e9s le 1er novembre 2026) ; BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-20-20, \u00ab Dettes non d\u00e9ductibles \u00bb, version du 26 septembre 2024 (bofip.impots.gouv.fr, consult\u00e9 le 30 octobre 2026) ; service-public.gouv.fr, \u00ab R\u00e8gles en mati\u00e8re d&rsquo;h\u00e9ritage : d\u00e9funt ayant eu des enfants \u00bb (consult\u00e9e le 30 octobre 2026) ; service-public.gouv.fr, \u00ab Droits de succession : bar\u00e8me et abattements \u00bb, page v\u00e9rifi\u00e9e le 9 f\u00e9vrier 2026, consult\u00e9e le 30 octobre 2026 ; service-public.gouv.fr, \u00ab D\u00e9claration de succession \u00bb, fiche F80, page v\u00e9rifi\u00e9e le 29 janvier 2025, consult\u00e9e le 1er novembre 2026.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le quasi-usufruit permet \u00e0 l&rsquo;usufruitier de d\u00e9penser les sommes d&rsquo;argent re\u00e7ues, \u00e0 charge de restituer une somme \u00e9quivalente au nu-propri\u00e9taire \u00e0 la fin de l&rsquo;usufruit (article 587 du Code civil). 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