{"id":8282,"date":"2026-11-01T07:39:58","date_gmt":"2026-11-01T06:39:58","guid":{"rendered":"https:\/\/balmontconseil.com\/?p=8282"},"modified":"2026-11-01T07:39:58","modified_gmt":"2026-11-01T06:39:58","slug":"abandon-usufruit-au-profit-du-nu-proprietaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/balmontconseil.com\/en\/blog\/abandon-usufruit-au-profit-du-nu-proprietaire\/","title":{"rendered":"Abandon d&rsquo;usufruit au profit du nu-propri\u00e9taire : imp\u00f4ts et risques"},"content":{"rendered":"<p><strong>Au 30 octobre 2026, l&rsquo;abandon d&rsquo;usufruit au profit du nu-propri\u00e9taire \u00e9teint l&rsquo;usufruit et fait du nu-propri\u00e9taire le plein propri\u00e9taire. Fiscalement, une renonciation purement abdicative rel\u00e8ve du droit fixe de l&rsquo;article 680 du CGI, mais l&rsquo;administration peut la requalifier en donation si elle r\u00e9v\u00e8le une intention de gratifier : l&rsquo;usufruit abandonn\u00e9 est alors tax\u00e9.<\/strong><\/p>\n<h2>Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;abandon d&rsquo;usufruit au profit du nu-propri\u00e9taire ?<\/h2>\n<p>L&rsquo;usufruitier peut utiliser le bien et en percevoir les revenus ; le nu-propri\u00e9taire n&rsquo;a pas ces droits. Quand l&rsquo;usufruitier renonce \u00e0 son usufruit, les deux droits se r\u00e9unissent sur la t\u00eate du nu-propri\u00e9taire, qui devient plein propri\u00e9taire, tout de suite et sans attendre le d\u00e9c\u00e8s. Le cas typique : un conjoint survivant, usufruitier de la maison ou de l&rsquo;appartement h\u00e9rit\u00e9, qui veut en faire profiter ses enfants nus-propri\u00e9taires.<\/p>\n<p>L&rsquo;abandon est en principe irr\u00e9vocable. L&rsquo;usufruitier perd les loyers, le droit d&rsquo;occuper le bien et le droit d&rsquo;en d\u00e9cider la location. En contrepartie, il ne supporte plus la taxe fonci\u00e8re ni les charges li\u00e9es au bien : elles passent au nouveau plein propri\u00e9taire. Pour un immeuble, l&rsquo;acte se signe devant notaire et se publie au service de la publicit\u00e9 fonci\u00e8re.<\/p>\n<h2>L&rsquo;abandon d&rsquo;usufruit est-il une donation ?<\/h2>\n<p>Tout d\u00e9pend de l&rsquo;intention. La r\u00e9ponse du ministre \u00e0 une question \u00e9crite du S\u00e9nat (publi\u00e9e au Journal officiel le 20 mars 2008) distingue deux situations :<\/p>\n<ul>\n<li>La renonciation purement extinctive ou abdicative est soumise au droit fixe de l&rsquo;article 680 du CGI. Mais des droits de mutation deviennent exigibles si le nu-propri\u00e9taire entre en jouissance du droit abandonn\u00e9.<\/li>\n<li>La renonciation qui r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;intention de faire une lib\u00e9ralit\u00e9 au nu-propri\u00e9taire peut \u00eatre analys\u00e9e comme une donation. L&rsquo;acceptation peut \u00eatre tacite : percevoir les loyers suffit.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le ministre conclut au cas par cas, en relevant que la requalification en donation \u00ab ne peut \u00eatre exclue \u00bb dans le cas qui lui \u00e9tait soumis : un conjoint survivant qui renonce \u00e0 son usufruit au profit des enfants du d\u00e9funt. La Cour de cassation l&rsquo;a confirm\u00e9 le 21 juin 2011 (chambre commerciale, pourvoi n\u00b0 10-20.461) : une m\u00e8re avait renonc\u00e9 par acte notari\u00e9 \u00e0 son usufruit sur des actions dont ses enfants \u00e9taient nus-propri\u00e9taires et avait pay\u00e9 le droit fixe. L&rsquo;administration a requalifi\u00e9 l&rsquo;acte en donation et la Cour a valid\u00e9 le redressement, en constatant que les enfants avaient accept\u00e9 en d\u00e9clarant les actions en pleine propri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Retenez la le\u00e7on : dans une famille, un abandon d&rsquo;usufruit sans contrepartie peut tr\u00e8s bien \u00eatre trait\u00e9 comme une donation. Mieux vaut la d\u00e9clarer et en chiffrer le co\u00fbt que d&rsquo;esp\u00e9rer le droit fixe. Les parties \u00e0 l&rsquo;acte sont tenues solidairement des droits d&rsquo;enregistrement (article 1705 du CGI) : l&rsquo;administration peut les r\u00e9clamer \u00e0 l&rsquo;une ou \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<h2>Combien co\u00fbte un abandon d&rsquo;usufruit requalifi\u00e9 en donation ?<\/h2>\n<p>La base taxable est la valeur de l&rsquo;usufruit abandonn\u00e9. Elle se calcule avec le bar\u00e8me de l&rsquo;article 669 du CGI, selon l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;usufruitier :<\/p>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Age of the usufructuary<\/th>\n<th>Value of the usufruct<\/th>\n<th>Value of bare ownership<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Under 61 years old<\/td>\n<td>50%<\/td>\n<td>50%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Under 71 years old<\/td>\n<td>40%<\/td>\n<td>60%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Under 81 years old<\/td>\n<td>30%<\/td>\n<td>70%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Under 91 years old<\/td>\n<td>20%<\/td>\n<td>80%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>91 years and older<\/td>\n<td>10%<\/td>\n<td>90%<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Plus l&rsquo;usufruitier est \u00e2g\u00e9, moins l&rsquo;usufruit vaut cher, donc moins l&rsquo;abandon co\u00fbte. On applique ensuite l&rsquo;abattement de 100 000 \u20ac par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans, puis le bar\u00e8me en ligne directe, d&rsquo;apr\u00e8s impots.gouv.fr et service-public.gouv.fr :<\/p>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Taxable portion after allowance<\/th>\n<th>Rate<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Up to \u20ac8,072<\/td>\n<td>5%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>From \u20ac8,072 to \u20ac12,109<\/td>\n<td>10%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>From \u20ac12,109 to \u20ac15,932<\/td>\n<td>15%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>From \u20ac15,932 to \u20ac552,324<\/td>\n<td>20%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>From \u20ac552,324 to \u20ac902,838<\/td>\n<td>30%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>From \u20ac902,838 to \u20ac1,805,677<\/td>\n<td>40%<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Above \u20ac1,805,677<\/td>\n<td>45%<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Pour le d\u00e9tail du bar\u00e8me, lisez notre page sur la <a href=\"\/en\/valeur-usufruit-nue-propriete-article-669\/\">valeur de l&rsquo;usufruit et de la nue-propri\u00e9t\u00e9<\/a> et notre article sur les <a href=\"\/en\/blog\/droits-de-succession-ligne-directe-abattements-bareme\/\">droits en ligne directe<\/a>.<\/p>\n<h2>Le co\u00fbt selon l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;usufruitier, sur un m\u00eame appartement<\/h2>\n<p>Le tableau suivant chiffre l&rsquo;abandon d&rsquo;un usufruit sur un appartement de 420 000 \u20ac en pleine propri\u00e9t\u00e9, au profit d&rsquo;un seul enfant, dont l&rsquo;abattement de 100 000 \u20ac est intact.<\/p>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Age of the usufructuary<\/th>\n<th>Usufruct<\/th>\n<th>Value of the usufruct<\/th>\n<th>Base after deduction<\/th>\n<th>Rights<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>55 years old<\/td>\n<td>50%<\/td>\n<td>\u20ac210,000<\/td>\n<td>\u20ac110,000<\/td>\n<td>\u20ac20,194.35<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>65 ans<\/td>\n<td>40%<\/td>\n<td>\u20ac168,000<\/td>\n<td>\u20ac68,000<\/td>\n<td>\u20ac11,794.35<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>75 ans<\/td>\n<td>30%<\/td>\n<td>\u20ac126,000<\/td>\n<td>\u20ac26,000<\/td>\n<td>\u20ac3,394.35<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>85 ans<\/td>\n<td>20%<\/td>\n<td>\u20ac84,000<\/td>\n<td>\u20ac0<\/td>\n<td>\u20ac0<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>92 ans<\/td>\n<td>10%<\/td>\n<td>\u20ac42,000<\/td>\n<td>\u20ac0<\/td>\n<td>\u20ac0<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>L&rsquo;\u00e9cart est net : le m\u00eame abandon co\u00fbte 20 194,35 \u20ac \u00e0 55 ans et rien \u00e0 partir de 85 ans, tant que l&rsquo;abattement n&rsquo;a pas servi dans les 15 derni\u00e8res ann\u00e9es. L&rsquo;\u00e2ge \u00e0 la date de l&rsquo;acte fixe la valeur de l&rsquo;usufruit : un usufruitier de 80 ans qui attend de passer 81 ans change de tranche.<\/p>\n<h2>Quelles cons\u00e9quences pour l&rsquo;usufruitier, le nu-propri\u00e9taire et les cr\u00e9anciers ?<\/h2>\n<p><strong>Loyers et imp\u00f4t sur le revenu.<\/strong> Quand la renonciation est constat\u00e9e par un acte qui donne lieu \u00e0 des droits de mutation, les loyers deviennent imposables chez le nu-propri\u00e9taire, selon le BOFiP (revenus fonciers, indivision et d\u00e9membrement). Sans acte, l&rsquo;abandon des seuls loyers reste une lib\u00e9ralit\u00e9 et les loyers restent impos\u00e9s chez l&rsquo;usufruitier.<\/p>\n<p><strong>Logement.<\/strong> Si l&rsquo;usufruitier occupe le bien, il doit pr\u00e9voir un bail, un droit d&rsquo;usage ou une convention \u00e9crite avant d&rsquo;abandonner : apr\u00e8s l&rsquo;acte, il n&rsquo;a plus aucun droit sur le bien.<\/p>\n<p><strong>Cr\u00e9anciers.<\/strong> Les cr\u00e9anciers de l&rsquo;usufruitier peuvent faire annuler une renonciation faite \u00e0 leur pr\u00e9judice (article 622 du Code civil). Abandonner un usufruit alors que l&rsquo;on est endett\u00e9 expose l&rsquo;op\u00e9ration \u00e0 cette action.<\/p>\n<p><strong>Imp\u00f4ts locaux et patrimoine.<\/strong> La taxe fonci\u00e8re et les charges passent au nouveau plein propri\u00e9taire. Pour l&rsquo;IFI, le bien est d\u00e9clar\u00e9 chez l&rsquo;usufruitier tant que l&rsquo;usufruit existe et chez le propri\u00e9taire apr\u00e8s l&rsquo;abandon : voyez notre page sur le <a href=\"\/en\/demembrement-et-ifi-usufruitier-ou-nu-proprietaire\/\">d\u00e9membrement et l&rsquo;IFI<\/a>.<\/p>\n<h2>Abandonner son usufruit ou attendre le d\u00e9c\u00e8s : que choisir ?<\/h2>\n<p>Sans abandon, l&rsquo;usufruit s&rsquo;\u00e9teint de lui-m\u00eame au d\u00e9c\u00e8s de l&rsquo;usufruitier et se r\u00e9unit \u00e0 la nue-propri\u00e9t\u00e9 : voir notre article sur le <a href=\"\/en\/blog\/deces-de-l-usufruitier-reunion-usufruit-nue-propriete-droits\/\">d\u00e9c\u00e8s de l&rsquo;usufruitier<\/a>. L&rsquo;abandon permet d&rsquo;anticiper ce transfert, au prix d&rsquo;un co\u00fbt fiscal \u00e0 chiffrer avant de signer.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;abandon se justifie<\/strong> quand l&rsquo;usufruitier n&rsquo;a plus besoin des revenus ni du logement, qu&rsquo;il veut cesser de payer la taxe fonci\u00e8re et les charges, que son \u00e2ge rend l&rsquo;usufruit peu co\u00fbteux \u00e0 transmettre et que son abattement n&rsquo;a pas servi.<\/li>\n<li><strong>Attendre se justifie<\/strong> quand l&rsquo;usufruitier vit dans le bien, d\u00e9pend de ses loyers, ou s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 servi de son abattement dans les 15 derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour mesurer ce qu&rsquo;un usufruitier peut garder ou transmettre, voyez aussi la diff\u00e9rence entre <a href=\"\/en\/usufruit-nue-propriete-pleine-propriete-les-differences\/\">usufruit, nue-propri\u00e9t\u00e9 et pleine propri\u00e9t\u00e9<\/a>.<\/p>\n<h2>Comment proc\u00e9der \u00e0 un abandon d&rsquo;usufruit, \u00e9tape par \u00e9tape ?<\/h2>\n<ol>\n<li>Reconstituer l&rsquo;historique des donations des 15 derni\u00e8res ann\u00e9es, car elles consomment l&rsquo;abattement.<\/li>\n<li>Chiffrer l&rsquo;usufruit selon l&rsquo;\u00e2ge \u00e0 la date de l&rsquo;acte, puis les droits.<\/li>\n<li>Traiter le logement et les revenus de l&rsquo;ancien usufruitier.<\/li>\n<li>Signer l&rsquo;acte notari\u00e9, le d\u00e9clarer en donation si tel est son effet, et le publier.<\/li>\n<\/ol>\n<h2>Cas concret : une usufruiti\u00e8re de 78 ans et un appartement lyonnais<\/h2>\n<p><strong>Situation.<\/strong> Jacqueline, 78 ans, est usufruiti\u00e8re d&rsquo;un appartement du 6e arrondissement de Lyon, valeur en pleine propri\u00e9t\u00e9 420 000 \u20ac. Son fils Thomas, 50 ans, en est le nu-propri\u00e9taire depuis le d\u00e9c\u00e8s de son p\u00e8re. Jacqueline n&rsquo;a plus besoin des loyers et veut cesser de payer la taxe fonci\u00e8re et les charges.<\/p>\n<p><strong>Issue.<\/strong> Elle pense qu&rsquo;abandonner son usufruit est gratuit, au droit fixe. Or, entre une m\u00e8re et son fils, l&rsquo;administration peut y voir une donation, avec des droits \u00e0 la cl\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Strategy.<\/strong> \u00c0 78 ans, l&rsquo;usufruit vaut 30 % de 420 000 \u20ac, soit 126 000 \u20ac. Le notaire v\u00e9rifie ses donations des 15 derni\u00e8res ann\u00e9es : aucune. L&rsquo;abandon est d\u00e9clar\u00e9 en donation, avec l&rsquo;abattement de 100 000 \u20ac entre un parent et un enfant.<\/p>\n<p><strong>Result.<\/strong> Base taxable : 126 000 \u20ac \u2212 100 000 \u20ac = 26 000 \u20ac. Droits : 403,60 \u20ac + 403,70 \u20ac + 573,45 \u20ac + 2 013,60 \u20ac = 3 394,35 \u20ac, soit 2,7 % de la valeur de l&rsquo;usufruit abandonn\u00e9. Si Jacqueline avait d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 60 000 \u20ac d&rsquo;abattement dans les 15 derni\u00e8res ann\u00e9es, la base serait de 86 000 \u20ac et les droits de 15 394,35 \u20ac. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de v\u00e9rifier l&rsquo;historique avant de signer. Cas fictif, donn\u00e9 \u00e0 titre d&rsquo;illustration.<\/p>\n<h2>Deuxi\u00e8me cas : une usufruiti\u00e8re de 68 ans et deux enfants nus-propri\u00e9taires<\/h2>\n<p><strong>Situation.<\/strong> Monique, 68 ans, est usufruiti\u00e8re d&rsquo;une maison \u00e0 Caluire-et-Cuire, valeur en pleine propri\u00e9t\u00e9 600 000 \u20ac. Ses deux enfants, Claire et Hugo, en sont nus-propri\u00e9taires \u00e0 parts \u00e9gales. Aucun n&rsquo;a re\u00e7u de donation de Monique depuis 15 ans.<\/p>\n<p><strong>Issue.<\/strong> Monique veut quitter la maison pour un appartement plus petit et laisser les enfants la vendre ou la louer. Elle se demande si l&rsquo;abandon passe au droit fixe.<\/p>\n<p><strong>Strategy.<\/strong> \u00c0 68 ans, l&rsquo;usufruit vaut 40 % de 600 000 \u20ac, soit 240 000 \u20ac. Il se partage entre les deux enfants : 120 000 \u20ac chacun. Chaque enfant dispose de son propre abattement de 100 000 \u20ac vis-\u00e0-vis de sa m\u00e8re. Le notaire d\u00e9clare l&rsquo;abandon en donation \u00e0 chacun.<\/p>\n<p><strong>Result.<\/strong> Base taxable par enfant : 120 000 \u20ac \u2212 100 000 \u20ac = 20 000 \u20ac. Droits par enfant : 403,60 \u20ac + 403,70 \u20ac + 573,45 \u20ac + 813,60 \u20ac = 2 194,35 \u20ac. Pour les deux enfants : 4 388,70 \u20ac, soit 1,8 % de la valeur de l&rsquo;usufruit abandonn\u00e9 et 0,7 % de la valeur de la maison. Monique cesse de payer la taxe fonci\u00e8re, et Claire et Hugo peuvent disposer de la maison en pleine propri\u00e9t\u00e9. Cas fictif, donn\u00e9 \u00e0 titre d&rsquo;illustration.<\/p>\n<h2>Quelles erreurs \u00e9viter sur un abandon d&rsquo;usufruit ?<\/h2>\n<ul>\n<li>Signer en comptant sur le droit fixe, alors que l&rsquo;acte peut \u00eatre requalifi\u00e9 en donation.<\/li>\n<li>Ne pas v\u00e9rifier les donations des 15 derni\u00e8res ann\u00e9es, qui r\u00e9duisent l&rsquo;abattement.<\/li>\n<li>Abandonner sans pr\u00e9voir o\u00f9 l&rsquo;ancien usufruitier habitera et de quoi il vivra.<\/li>\n<li>Abandonner alors qu&rsquo;on est endett\u00e9 : les cr\u00e9anciers peuvent faire annuler l&rsquo;acte.<\/li>\n<li>Oublier que le nu-propri\u00e9taire devient imposable sur les loyers et redevable de la taxe fonci\u00e8re.<\/li>\n<li>Se tromper d&rsquo;\u00e2ge : la valeur de l&rsquo;usufruit d\u00e9pend de l&rsquo;\u00e2ge \u00e0 la date de l&rsquo;acte.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Ce que fait Balmont Conseil<\/h2>\n<p>Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine \u00e0 Lyon depuis bient\u00f4t 14 ans, aide les familles \u00e0 d\u00e9cider s&rsquo;il faut abandonner un usufruit, le conserver ou organiser une autre transmission. Nous chiffrons l&rsquo;abandon avec votre notaire, repla\u00e7ons l&rsquo;op\u00e9ration dans l&rsquo;ensemble de votre patrimoine et de vos donations pass\u00e9es, et anticipons ses effets sur vos revenus. <a href=\"\/en\/contact\/\">Prenez rendez-vous avec Alexis Sagnier pour \u00e9tudier votre situation.<\/a><\/p>\n<h2>Frequently asked questions<\/h2>\n<h3>Peut-on abandonner son usufruit sans payer d&rsquo;imp\u00f4t ?<\/h3>\n<p>Une renonciation purement abdicative rel\u00e8ve du droit fixe de l&rsquo;article 680 du CGI. Mais si l&rsquo;acte r\u00e9v\u00e8le une intention de gratifier le nu-propri\u00e9taire, l&rsquo;administration peut le requalifier en donation et r\u00e9clamer les droits.<\/p>\n<h3>L&rsquo;abandon d&rsquo;usufruit est-il d\u00e9finitif ?<\/h3>\n<p>En principe oui : c&rsquo;est un acte irr\u00e9vocable. Les cr\u00e9anciers de l&rsquo;usufruitier peuvent toutefois le faire annuler s&rsquo;il leur cause un pr\u00e9judice (article 622 du Code civil).<\/p>\n<h3>Comment est \u00e9valu\u00e9e la valeur de l&rsquo;usufruit abandonn\u00e9 ?<\/h3>\n<p>Avec le bar\u00e8me de l&rsquo;article 669 du CGI, qui d\u00e9pend de l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;usufruitier : 30 % de la valeur du bien entre 71 et 80 ans, 20 % entre 81 et 90 ans.<\/p>\n<h3>Qui paie la taxe fonci\u00e8re apr\u00e8s l&rsquo;abandon ?<\/h3>\n<p>Le nu-propri\u00e9taire, devenu plein propri\u00e9taire. Il supporte l&rsquo;ensemble des charges du bien et per\u00e7oit les loyers, qui deviennent imposables chez lui lorsque l&rsquo;abandon est constat\u00e9 par un acte.<\/p>\n<h3>Faut-il passer par un notaire ?<\/h3>\n<p>Pour un immeuble, oui : l&rsquo;acte est authentique et publi\u00e9 au service de la publicit\u00e9 fonci\u00e8re. Le notaire v\u00e9rifie aussi vos donations des 15 derni\u00e8res ann\u00e9es et calcule les droits.<\/p>\n<h3>L&rsquo;abattement de 100 000 \u20ac s&rsquo;applique-t-il \u00e0 un abandon d&rsquo;usufruit ?<\/h3>\n<p>Oui, lorsque l&rsquo;abandon est trait\u00e9 comme une donation d&rsquo;un parent \u00e0 un enfant. L&rsquo;abattement est de 100 000 \u20ac par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans, et il s&rsquo;impute avant le bar\u00e8me en ligne directe.<\/p>\n<h3>Que se passe-t-il pour les revenus du bien apr\u00e8s l&rsquo;abandon ?<\/h3>\n<p>Les loyers reviennent au nu-propri\u00e9taire, devenu plein propri\u00e9taire, et deviennent imposables chez lui lorsque la renonciation est constat\u00e9e par un acte qui donne lieu \u00e0 des droits de mutation. L&rsquo;ancien usufruitier n&rsquo;y a plus droit.<\/p>\n<h3>Vaut-il mieux abandonner son usufruit ou attendre le d\u00e9c\u00e8s ?<\/h3>\n<p>Attendre \u00e9vite de d\u00e9clarer une donation, mais l&rsquo;usufruitier garde la charge du bien jusqu&rsquo;au bout. L&rsquo;abandon lib\u00e8re l&rsquo;usufruitier et donne la pleine propri\u00e9t\u00e9 aux enfants tout de suite, pour un co\u00fbt qui d\u00e9pend de son \u00e2ge et de ses donations pass\u00e9es.<\/p>\n<p>Sources : r\u00e9ponse du ministre \u00e0 la question \u00e9crite n\u00b0 00356 du S\u00e9nat, \u00ab R\u00e9gime fiscal des abandons d&rsquo;usufruit \u00bb (senat.fr, r\u00e9ponse publi\u00e9e le 20 mars 2008) ; Cour de cassation, chambre commerciale, 21 juin 2011, pourvoi n\u00b0 10-20.461 (legifrance.gouv.fr) ; article 669 du Code g\u00e9n\u00e9ral des imp\u00f4ts (legifrance.gouv.fr) ; BOI-RFPI-CHAMP-30-30 (bofip.impots.gouv.fr) ; impots.gouv.fr, page sur les donations aux enfants et petits-enfants (mise \u00e0 jour le 13 juillet 2026) ; fiche F14203 sur les droits de donation selon le lien de parent\u00e9 (service-public.gouv.fr, abattements et bar\u00e8me relus le 31 octobre 2026) ; article 622 du Code civil (r\u00e9sum\u00e9). Sources consult\u00e9es les 30 et 31 octobre 2026.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au 30 octobre 2026, l&rsquo;abandon d&rsquo;usufruit au profit du nu-propri\u00e9taire \u00e9teint l&rsquo;usufruit et fait du nu-propri\u00e9taire le plein propri\u00e9taire. 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